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Dimanche 25 Septembre 2005

Dimanche 25 septembre 2005, 14ème de Pentecôte, 1er après la Croix, mémoire de saint Serge de Radonège

Tropaire de la Résurrection en ton 5 : Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, Toi qui es né de la Vierge pour notre salut, nous te chantons, nous les fidèles, et t’adorons, Seigneur, car Tu as bien voulu souffrir en montant sur la Croix pour y subir la mort en ta chair et ressusciter les morts en ta sainte et glorieuse Résurrection.

Tropaire de saint Serge en ton 4 : Champion des vertus, comme un vrai soldat du Christ notre Dieu, contre les passions tu menas en cette vie le grand combat. Dans les jeûnes, les veilles, les cantiques divins, tu fus pour tes disciples un modèle, Bienheureux. Aussi fit sa demeure en toi l’Esprit saint, et tu fus orné brillamment par son action. Grâce au crédit que tu possèdes auprès de la sainte Trinité, rappelle-lui le troupeau que tu as rassemblé, et n’oublie pas de visiter, comme toi-même tu l’as promis, vénérable Père, tes enfants !

Kondakion de la Résurrection en ton 5 : Des enfers où Tu descendis, ô mon Sauveur, Tu as brisé les portes, ô Tout-puissant, pour ressusciter les morts, ô Créateur ! Tu brisas l’aiguillon de la mort, Adam fut délivré de la malédiction, et nous, Seigneur, nous te crions : Sauve-nous, dans ton amour pour les hommes ! Gloire…

Kondakion de saint Serge en ton 8 : Vénérable Serge, percé de flèches par l’amour du Christ et l’ayant suivi, dans ton irréversible désir, tu méprisas toute charnelle volupté, et comme un soleil tu brillas sur ta patrie. Aussi le Christ t’enrichit du don des miracles, Père saint. Souviens-toi de nous qui célébrons ta mémoire sacrée, afin que nous puissions te crier : vénérable Serge, réjouis-toi ! Et maintenant…

Kondakion de la Mère de Dieu en ton 6 : Protectrice assurée des chrétiens,+ médiatrice sans défaillance devant le Créateur,/ ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !// Mais dans ta bonté+ hâte-toi de nous secourir,/ nous qui te crions avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession,+ et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu,/ secours constant de ceux qui t’honorent ».//

Prokiménon du ton 5 (Ps 11, 8 et 2):
C’est Toi, Seigneur, qui nous garderas,/ qui nous préserveras de cette génération pour l’éternité ! V/ : Sauve-moi, Seigneur, car il n’y a plus de saint, car les vérités ont diminué chez les fils des hommes.

Epître : 2 Corinthiens 9, 6-11 (saint Serge : Galates 5, 22 à 6, 2)
« Frères, rappelez-vous ceci : celui qui sème peu récoltera peu ; celui qui sème beaucoup récoltera beaucoup. Il faut donc que chacun donne comme il a décidé de le faire, ni à regret ni par obligation ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. Et Dieu a le pouvoir de vous accorder en abondance toutes sortes de biens, afin que vous ayez toujours tout ce qui vous est nécessaire et qu’il vous reste encore bien assez pour toutes les œuvres bonnes. Comme l’Ecriture le déclare : Il donne largement aux pauvres ; sa générosité dure pour toujours (psaume 112, 9). Dieu qui fournit de la semence au semeur et du pain pour se nourrir, vous fournira toute la semence dont vous avez besoin et la fera croître, pour que votre générosité produise beaucoup de fruits. Il vous rendra suffisamment riches en tout temps pour que vous puissiez sans cesse vous montrer généreux, de sorte que beaucoup remercieront Dieu pour les dons que vous nous ferez et que nous leur transmettrons .»

Alléluia en ton 5 (Ps 88, 2 et 3):
Tes miséricordes, Seigneur, éternellement je les chanterai ! De génération en génération, ma bouche annoncera ta vérité !
- Car Tu as dit : « La miséricorde est un édifice éternel ». Dans les cieux est préparée ta vérité.

Evangile : Luc 5, 1-11 (saint Serge : Luc 6, 17-23)
En ce temps-là Jésus se tenait au bord du lac de Génézareth et la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. Jésus vit deux barques sur la rive : les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans l’une des barques, qui appartenait à Simon, et pria celui-ci de s’éloigner un peu du bord. Jésus s’assit dans la barque et se mit à enseigner la foule.
Quand Jésus eut fini de parler, Il dit à Simon : « Avance la barque à un endroit où l’eau est profonde, puis, toi et tes compagnons, jetez vos filets pour pêcher ».
Simon lui répondit : « Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre. Mais puisque Tu me dis de le faire, je jetterai les filets ».
Simon et ses compagnons jetèrent donc leurs filets et prirent une si grande quantité de poissons que les filets commençaient à se rompre. Ils firent alors signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent et ils remplirent les deux barques de tant de poissons qu’elles enfonçaient dans l’eau. Quand Simon Pierre vit cela, il se mit à genoux devant Jésus et il dit : « Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! »
Simon, ainsi que tous ceux qui étaient avec lui, étaient en effet saisis de stupeur, à cause de la grande quantité de poissons qu’ils avaient prise. Il en était de même des compagnons de Simon, Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Mais Jésus dit à Simon : « N’aie pas peur ; dès maintenant, ce sont des hommes que tu prendras. » Ils poussèrent alors leurs barques à terre, laissèrent tout et suivirent Jésus.

Catéchèse et message de ce jour : le Seigneur est généreux ! Il donne et se donne gratuitement !
1. Il agit généreusement dans son monde par les saints et les saintes de son Eglise : David gémissait (« il n’y a plus de saints ! ») ; nous exultons car, par l’Incarnation du Fils de Dieu et Verbe, par l’Eglise, le temps des saints est advenu (st Serge, nos patrons, la Mère de Dieu ! Et nous-mêmes…)
2. Le Seigneur donne abondamment sa grâce : la grâce de la vie, de la liberté, de la révélation (la Parole, le témoignage des saints), la grâce d’aimer, de connaître Dieu et de croire en lui, celle de surmonter l’épreuve, d’agir en son Nom … La grâce est l’énergie divine par laquelle l’être humain peut participer gracieusement à la félicité divine. La vie en Dieu est tellement gratifiante !
3. Il multiplie les biens matériels (une maison, un travail, une pêche surabondante, la prospérité, les vendanges !) et les ressources naturelles. Son Eglise le prie pour « un climat favorable, l’abondance des fruits de la terre et des jours de paix ». Dieu est le Père de qui viennent tout don et tout bien.
4. Il est miséricordieux, Il pardonne toujours tout. Notre existence est sous le sceau cruciforme de la gratuité (non la rétribution) ; affranchissons-nous vite de toute culpabilité en obtenant du Seigneur la remise de nos dettes, afin de vivre dans la générosité du saint Esprit. L’être humain est souvent écrasé par la culpabilité même d’exister ! Recevons l’existence comme un don gratuit de la munificence du Seigneur. Nous et nos enfants, apprenons la générosité. Exerçons-nous à bénir le Seigneur pour tout, et nous le verrons bénir toute notre vie, même et surtout dans l’épreuve. La Croix – la croix de chacun – est bénédiction, non punition ! Enseignons à nos enfants à faire miséricorde, à remercier et à bénir…

Dimanche 18 Septembre 2005

Dimanche 18 septembre 2005, dimanche après l’Exaltation de la Croix, mémoire de saint Eumène de Gortyne

Tropaire de la Résurrection en ton 4 : Recevant de l’ange la joyeuse nouvelle de la Résurrection de leur Seigneur+ et détournant l’ancestrale condamnation,/ les saintes Femmes se firent gloire d’annoncer aux apôtres:// le Christ a triomphé de la mort !/ Il est ressuscité, notre Dieu, pour donner au monde la grâce du salut.//

Tropaire de la Croix en ton 1 : Seigneur, sauve ton peuple,/ et bénis ton héritage !// Accorde à ton Eglise la victoire sur ses adversaires, et par ta Croix sauve les nations qui t’appartiennent !//

Tropaire(s) de l’église

Tropaire de saint Eumène en ton 4 : C’est un protecteur toujours prompt,+ un défenseur bienveillant qu’en toi, vénérable Père, nous possédons,/ illustre Eumène, imitateur de Jésus-Christ.// Faisant couler des fleuves de compassion,/ tu procures à l’Eglise un océan de guérisons. Sois le refuge de tous ceux qui te vénèrent !//  Gloire…

Kondakion de la Résurrection en ton 4 :  Mon Sauveur et mon Libérateur a ressuscité tous les mortels,/ les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau.// Il a brisé les portes de l’enfer/ et en Maître souverain Il est ressuscité le troisième jour.//  Et maintenant…

Kondakion de la fête, ton 4 : Toi qui souffris librement d’être exalté sur la Croix,+ au nouveau peuple appelé de ton Nom/ accorde ta bienveillance, ô Christ notre Dieu !// Donne force à tes fidèles serviteurs,+ les protégeant de toute adversité:/ que ton alliance leur soit une arme de paix, un invincible trophée !//

Prokimenon du ton 4 : Que tes œuvres sont admirables, Seigneur !/ Tu as fait toutes choses dans ta sagesse !// V/ : Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Seigneur mon Dieu, Tu as été grandement magnifié !
et de la fête en ton 7 : Exaltez le Seigneur notre Dieu! Prosternez-vous devant son trône, car il est saint! V/ Le Seigneur règne, que tremblent les peuples!

Epître : Galates 2, 16-20
« Frères, nous savons qu’une personne est reconnue juste devant Dieu uniquement à cause de sa foi en Jésus-Christ et non parce qu’elle accomplit ce qu’ordonne la loi de Moïse. C’est pourquoi, nous aussi, nous avons cru en Jésus-Christ afin d’être reconnus justes à cause de notre foi au Christ et non pour avoir accompli ce qu’ordonne cette loi. Car personne ne sera reconnu juste devant Dieu pour avoir accompli ce qu’ordonne la Loi. Mais si, alors que nous cherchons à être reconnus justes grâce au Christ, il se trouve que nous sommes pécheurs autant que les non-Juifs, cela signifie-t-il que le Christ sert la cause du péché ? Certainement pas ! Si je me mets à reconstruire le système de la loi que j’ai détruit, je refais de moi-même quelqu’un qui désobéit à la loi. Or, en ce qui concerne la Loi, je suis mort, d’une mort provoquée par la Loi elle-même, afin que je puisse vivre pour Dieu. J’ai été mis à mort avec le Christ sur la Croix, de sorte que ce n’est plus moi qui vis, mais c’est le Christ qui vit en moi. La vie humaine qui est la mienne maintenant, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et a donné sa vie pour moi.

Alléluia du ton 4: Chevauche dans l’éclat de ta royale splendeur ! Défends la vérité, la bonté, la justice ! - Tu aimes la justice ; Tu détestes l’iniquité.
et de la fête en ton 1: Souviens-toi de ton peuple, que Tu as acquis dès l’origine!- Dieu est notre Roi depuis toujours, au milieu de la terre Il accomplit le salut.

Evangile : Marc 8, 34 à 9, 1
En ce temps-là Jésus appela la foule et ses disciples et leur dit : « Si quelqu’un veut venir avec moi, qu’il cesse de penser à lui-même, qu’il porte sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour la Bonne Nouvelle (l’Evangile) la sauvera. A quoi sert-il à quelqu’un de gagner le monde entier, s’il perd sa vie ? Y a-t-il quelque chose qu’on puisse donner pour racheter sa vie ? Si quelqu’un a honte de moi et de mes paroles au milieu des gens d’aujourd’hui, qui sont infidèles à Dieu et font le mal, alors le Fils de l’Homme aussi aura honte de lui, quand Il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. »
Jésus leur dit encore : « Amen, en vérité, Je vous le déclare, quelques uns de ceux qui sont ici ne mourront pas avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance. »

Mégalynaire en ton 8 : Magnifie, ô mon âme,/ la très précieuse Croix du Seigneur!// Mère de Dieu, tu es l’image du Paradis,+ toi qui sans semailles ni labours as fait germer le Christ,/ par qui la sainte Croix, le nouvel arbre de vie, fut plantée sur la terre.// Au jour de son exaltation, nous prosternant devant le Christ,/ nous te magnifions!//

Koinonikon du dimanche (« Louez… ») et de la fête, t. 3: Sur nous, Seigneur, a resplendi comme un signe la lumière de ta face !/ Tu nous donnes la joie, et nos cœurs débordent d’allégresse : Alléluia ! //

Catéchèse : la « justification » du croyant
1. Peut-on être juste devant Dieu ou être trouvé tel par lui ? Le prophète David dit que non : « exauce-moi en ta justice, et n’entre pas en jugement avec ton serviteur, car aucun vivant ne sera trouvé juste devant toi » (ps. 142). Dieu seul est juste. Comment être juste devant lui ? Comment lui être agréable ? En accomplissant sa Loi et ses commandements ? Certes. Mais, selon saint Paul, c’est la foi (confiance) en lui qui nous rend justes à ses yeux. Les préceptes de la Loi doivent être accomplis par foi et par amour pour le Seigneur, non par devoir ou par légalisme. Le Publicain fut « justifié » par sa foi en Dieu ; le Pharisien, dans son légalisme hypocrite, ne fut pas trouvé juste. On ne peut pour autant transgresser les commandements ! Mais ce qui est agréable à Dieu, c’est le cœur aimant de ceux qui mettent leur dévotion et leur adoration en lui – « le cœur brisé ».
2. Cette voie – accomplissement de la volonté de Dieu par amour et par foi – est celle que suit le disciple de Jésus, le Verbe divin devenu Homme : renoncement à l’égoïsme, au moralisme, au légalisme, au formalisme religieux, pour une vraie vie en Dieu, vie mystique de ceux qui connaissent le Christ Seigneur par le saint Esprit consumant leur cœur. Elle nous libère de tout besoin de justifier notre existence devant les hommes, de toute culpabilité d’être… Je n’ai pas à expliquer pourquoi je suis là, si j’aime le Seigneur et me sens aimé(e) de lui. C’est la réponse à tous les pourquoi, à « que fais-je ici ? », « pourquoi suis-je là ? ». Notre existence ne se justifie ainsi que par l’amour, l’amour véritable qui est issu du Père, nous est manifesté par le Fils et communiqué par l’Esprit – Amour ineffable et sans limite, brûlant et doux, tendre, patient, confiant et fort...

Dimanche 11 Septembre 2005

Dimanche 11 septembre, 12ème de Pentecôte, ton 3, après-fête de la Nativité de la Mère de Dieu, dimanche avant la Croix, mémoire de sainte Théodora d’Alexandrie

Tropaire de la Résurrection en ton 3 :
Que les cieux se réjouissent !+ que la terre exulte d’allégresse !+ car le Seigneur a fait merveille par la force de son bras,/ terrassant la mort par sa propre mort et devenant d’entre les morts le Premier-né !// Du sein de l’Enfer, Il nous a tous sauvés,/ accordant au monde la grâce du salut.//

De la fête en ton 4 :
Ta nativité, ô Vierge, Mère de Dieu,/ annonce la joie à l’univers entier.// De toi resplendit le Soleil de justice,/ le Christ notre Dieu.// Effaçant la malédiction, Il apporte la bénédiction ;/ et confondant la mort, nous donne la vie éternelle !//

De l’église

De sainte Théodora en ton 3 :
Telle un don divin, une victime consacrée,+ illustre et vénérable Théodora,/ c’est ta vie que tu offris à Dieu.// Et, manifestant le feu du repentir,/ au milieu des hommes, en amie de la sagesse, tu brillas.// Sans cesse prie donc celui qui t’a glorifiée/ de nous accorder la grâce du salut !//

Kondakion de la Résurrection en ton 3 :
Du tombeau Tu es ressuscité en ce jour,+ ô Dieu de miséricorde,/ nous arrachant aux portes de la mort ;// en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie,/ et tous ensemble les patriarches et les prophètes chantent inlassablement la force et la puissance de ta divinité.//

Gloire…

Kondakion de sainte Théodora en ton 2 :
Par le jeûne et les prières de toute la nuit ayant épuisé ton corps, Théodora,/ tu prias le Créateur de t’accorder la parfaite rémission de ton péché.// Ayant reçu cette grâce en vérité,/ tu nous a montré le chemin d’une admirable conversion.//

Et maintenant…

Kondakion de la fête en ton 4 :
Joachim et Anne de l’humiliante stérilité,+ Adam et Eve de la mort et du tombeau,/ ensemble furent délivrés par ta naissance, ô Vierge immaculée !// Et ton peuple en ce jour célèbre ta nativité,+ libéré, lui aussi, de l’esclavage du péché,/ et chante la Stérile qui enfante la Mère de Dieu, la Nourricière de notre Vie !//
Prokimenon du dimanche en ton 3 : Chantez pour notre Dieu, chantez !/ chantez pour notre roi, chantez !// V/ : Tous les peuples, battez des mains ! Acclamez Dieu en éclats de joie !

Epître(s) : avant la Croix, Galates 6, 11-18 ; (et, éventuellement, du jour, 1 Corinthiens 15, 1-11)
« Frères, voyez ces grosses lettres : je vous écris de ma propre main ! Des gens désireux de se faire remarquer dans l’ordre de la chair, voilà les gens qui vous imposent la circoncision. Leur seul but est de ne pas être persécutés à cause de la Croix du Christ ; car, ceux-là même qui se font circoncire n’observent pas la Loi ; ils veulent, néanmoins que vous soyez circoncis, pour avoir, en votre chair un titre de gloire. Pour moi, non, jamais d’autre titre de gloire que la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ ; par elle, le monde est crucifié pour moi, comme moi pour le monde. Car, ce qui importe, ce n’est ni la circoncision, ni l’incirconcision, mais la nouvelle création. Sur ceux qui se conduisent selon cette règle, paix et miséricorde ainsi que sur l’Israël de Dieu. Dès lors, que personne ne me cause de tourments ; car moi, je porte en mon corps les marques de Jésus. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit, frères. Amen !

Alléluia du dimanche en ton 3 : En toi, Seigneur, j’espère : que je ne sois jamais déçu ! - Sois pour moi le Dieu qui me protège, la forteresse où je trouve le salut !

Evangile(s) : avant la Croix, Jean 3, 13-17 ; (et, éventuellement, du jour, Matthieu 19, 16-26)
En ce temps-là Jésus dit : « Nul n’est monté au ciel sauf Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’Homme. Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que quiconque croit, ait en lui la vie éternelle. Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils, son Unique, pour que toute personne qui croit en lui, au lieu de périr, ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. »

Catéchèse : Le sens de la Croix, Donatrice de vie et de joie (commenter les tropaires et les textes !)
1. Lien de l’après-fête de la Nativité de la Mère de Dieu et de l’avant-fête de la Croix : la Mère de Dieu a connu la Croix. Elle n’a pas connu les douleurs de l’enfantement, mais « un glaive a transpercé son cœur » (prophétie de Siméon, Lc 2, 35) quand elle vit son Fils et son Dieu trahi par les siens, humilié publiquement et exécuté comme un malfaiteur. Elle a été au pied de la Croix comme témoin de l’amour qui ne fléchit jamais. Marie est vénérée comme celle qui conçoit et met au monde le Dieu-Homme, Source de vie par sa mort sur la Croix et par sa résurrection – Mère du Ressuscité (tropaire) !
2. La Croix est le sacrement de la vie : au désert, ceux qui contemplaient le serpent de bronze érigé par Moïse (Nombres 21, 9) recevaient la vie. Le Christ a crucifié le serpent du péché sur la Croix (trop. en t.3 : « terrassant la mort par sa propre mort ») : qui le suit (par ex. sainte Théodora – cf. Synaxaire ) goûte à cette liberté et à cette vie (kondak. en t.3 : « Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie »). D’où les versets du prokimenon et de l’alléluia (« chantez », « acclamez », « Dieu qui me protège », « forteresse », « salut »). Saint Paul dit que la Croix est sa « gloire » et que par elle il participe à une « nouvelle création » (épître). Crucifier l’amour de soi et la fausse autonomie c’est retrouver la liberté paradisiaque.
3. La Croix est la manifestation, non du jugement, mais de l’amour (évangile : le Père envoie son Fils par l’Incarnation, la Croix et la Résurrection pour « sauver » le monde qu’Il « aime tant »). Ce ne peut être que par amour (et non par devoir moral) que le croyant choisit la Croix en renonçant à son égoïsme. Seule la Croix d’amour donne la joie (cf. la prière « c’est par la Croix que la joie est venue dans la monde entier »).
4. Notre croix personnelle est le rendez-vous d’amour avec le Seigneur et avec le prochain : nous ne rencontrons l’un et l’autre qu’en scellant l’amour par la souffrance (donner sa vie, son temps, son sang, le meilleur de soi-même, son attention, son cœur, préférer autrui à soi…). Par la Croix nous retrouvons le mode d’être divin, la communion interpersonnelle libre qui nous est naturelle, par ce que nous sommes créés à l’image de Dieu-Amour, Dieu-Trinité, Père et Fils et saint Esprit.