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Dimanche 27 novembre 2005

Tropaire de la Résurrection en ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau,+ les gardes pétrifiés de crainte,/ Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ;// Toi Tu captives l’enfer sans être séduit.+ Tu vas à la rencontre de la Vierge,/ Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !//

Tropaire (s) et kondakion (a) de l’église

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion de la Résurrection en ton 6:  De sa main vivifiante, le Seigneur Source-de-vie, le Christ notre Dieu,+ a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’enfer,/ accordant la résurrection à tout le genre humain.// Il est vraiment notre Sauveur,/ notre Vie, notre Résurrection et le Dieu de l’univers !//

Et maintenant…

Kondakion de la Mère de Dieu en ton 6 :  Protectrice assurée des chrétiens,+ Médiatrice sans défaillance devant le Créateur,/ ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !// Mais dans ta bonté+ ne tarde pas à nous secourir,/ nous qui t’invoquons avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession,+ et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu,/ Secours constant de ceux qui t’honorent ».//

Prokiménon du dimanche en ton 6 ( Ps 27, 9 et 1, trad. des Septante):
Seigneur, Sauve ton peuple,/ et bénis ton héritage !//
Vers toi, Seigneur, je crie ; mon Dieu, ne garde pas le silence envers moi !

Epître : Colossiens 3, 12-16
Frères, vous qui êtes saints et bien-aimés de Dieu, vous qui êtes ses élus, revêtez vos cœurs de tendresse et de bonté, de patience, de douceur et d’humilité. Soutenez-vous mutuellement et, si quelqu’un en veut à quelqu’un, faites-vous grâce les uns aux autres. Puisque le Seigneur vous a fait grâce, faites de même à votre tour. Par-dessus tout cela, revêtez-vous d’amour, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ soit l’arbitre de vos cœurs, elle à laquelle, en un seul corps, vous avez été appelés. Enfin, soyez reconnaissants.
Qu’en abondance demeure en vous la parole du Christ. En toute sagesse, instruisez-vous, exhortez-vous mutuellement. Et de tout votre cœur, par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, dans la gratitude, chantez à Dieu !

Alléluia du dimanche en ton 6 (Ps 90, 1 et 2, trad. des Septante)
Celui qui demeure sous le secours du très Haut repose sous la protection du Dieu du ciel.
- Il dit au Seigneur : « Tu es mon soutien et mon refuge : mon Dieu, en qui je mets mon espérance ! »

Evangile : Luc 18, 18-27
En ce temps-là, un responsable interrogea Jésus et lui dit : « Maître bon, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui répondit : « Pourquoi dis-tu que Je suis bon ? Nul n’est bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas d’adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère. » L’autre répondit : « Tout cela, je l’ai gardé depuis ma jeunesse ! » A ces mots, Jésus lui dit : « Il te manque encore ceci : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis, viens et suis-moi ! » Quand il entendit ces paroles, l’homme devint très triste, car il était extrêmement riche. Jésus, le voyant attristé, déclara : « Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » Ceux qui écoutaient Jésus lui demandèrent alors : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répondit : « Ce qui est impossible pour les humains relève de Dieu. »

Catéchèse : la vie en Christ, pendant le carême de Noël (et ensuite !) – voie de guérison
1. Les commandements de Dieu sont des médicaments. La maladie de l’âme et du corps, si fréquente autour de nous, vient de l’éloignement de Dieu. Au Paradis, l’être humain ne connaissait ni l’une ni l’autre. Le Christ Dieu, le Fils du Père, le Seul Engendré, justement appelé Médecin des âmes et des corps, a donné à l’humanité des préceptes de vie et de salut, qui sont d’abord des conseils de santé de l’âme et du corps. Nous pouvons, bien sûr, et en priant pour eux, demander l’aide aux médecins de ce monde, car le Seigneur peut faire beaucoup de bien par eux. Toutefois, l’expérience de s’efforcer à appliquer un seul des commandements divins a donné à ceux qui s’y engageaient de toute leur force la santé de l’âme, d’abord, et souvent celle du corps. Les maladies de l’âme viennent de la rupture de communion avec le Père céleste : par les saints commandements, accomplis dans une obéissance pleine d’amour, nous retrouvons cette communion perdue, ainsi que la vie en Dieu qui nous est naturelle. Par l’obéissance aux préceptes du Seigneur, nous est donnée la guérison des maladies de notre âme, ces passions morbides appelées maladies psychiques. Nos saints Pères ont enseigné par expérience que la maladie psychique de base est l’amour de soi.
2. Par la bouche de son saint apôtre dans le bel épître de ce jour, et par sa propre bouche, le Verbe incarné nous invite, non seulement à la santé de l’âme et du corps, mais encore au salut, cette « perfection » dont l’amour est le lien, dit saint Paul. La santé ne nous suffit pas : il nous est promis surtout le salut, qui est une sorte de santé, puisque c’est la guérison définitive de la souffrance et de la mort. Nos Pères dans la Foi ont développé une méthodologie spirituelle : au commandement correspond une pratique. En effet, nous pouvons nous poser la question, non seulement « comment être sauvé ? » mais « comment appliquer ces beaux projets que nous présentent l’Apôtre et le Christ ? Comment appliquer ces conseils ? » En fait, c’est l’objet des grands carêmes de l’Eglise du Christ : s’exercer à modifier son existence intérieure et extérieure pour la conformer au Christ, suivant les engagements baptismaux. La méthode relève généralement du jeûne, de la prière et de l’aumône, selon l’enseignement de Jésus Christ lui-même. Voulons-nous « revêtir » toutes ces belles vertus que promet saint Paul ? Il ne suffit pas d’en prendre la résolution ; il nous faut renoncer à leur contraire ; et il nous faut surtout les demander au Seigneur – « Seigneur, inspire-moi ton amour véritable pour Untel ! » « Seigneur, inspire-moi la grâce de te remercier en toute chose ! » Ou encore, nous pouvons acquérir l’amour en bénissant les personnes, en rendant grâce pour elles, en nous repentant avec larmes de ne pas les aimer ; et nous pouvons acquérir la gratitude en utilisant fréquemment les psaumes et les prières de louange de l’Eglise, et en renonçant à l’ingratitude. Ce ne sont là que des exemples. Le mieux serait que chacun de nous reçoive du Seigneur un père spirituel et qu’il se remette à lui comme à Dieu lui-même - et qu’il prenne les médecines qui lui seront prescrites !   

Au bénéfice des habitants de la Roumanie sinistrée:

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La douceur de Jésus Christ

A l'occasion de la fête de Saint Jean Chrysostome le 13 novembre dernier, Père Marc -Antoine Costa de Beauregard nous fait profiter cette semaine de cet extrait des oeuvres de l'ancien évêque de Constantinople:

« Jésus Christ demeurait dans le silence et souffrait tout avec beaucoup de tranquillité, pour nous former à la douceur et à la patience. Imitons donc Jésus Christ : car Il ne s’est pas borné à garder alors le silence, mais aujourd’hui, si on l’interroge, Il répond, et Il donne des marques et des signes visibles de sa providence. Des hommes qu’Il avait comblés de mille bienfaits, à qui Il avait fait du bien, non une ou deux fois, mais plusieurs, l’ont appelé démoniaque et insensé, et non seulement Il ne s’est point vengé, mais encore Il n’a point cessé de leur faire du bien. Et que dis-je, de leur faire du bien ? Il donne sa vie pour eux, et Il prie son Père pour ceux qui l’ont crucifié. Ces exemples, que nous donne le divin Sauveur, suivons-les donc aussi nous-mêmes, car c’est véritablement être disciple de Jésus Christ que d’être doux et patient.

Mais par où parviendrons-nous à cette douceur ? En repassant souvent nos péchés dans notre mémoire, en les pleurant avec amertume. L’âme qui vit dans cette tristesse, qui est pénétrée de la douleur de ses péchés, ne se met point en colère et ne s’offense de rien. Où est le deuil, là il ne peut y avoir de colère ; où est la douleur, là il n’y a nul emportement ; où est la componction de cœur, il n’y a ni dissensions ni querelles. Un cœur triste et affligé n’a point le temps ne la force de s’irriter, mais il jettera de profonds soupirs, il répandra des larmes amères. » (saint Jean Chrysostome, Homélie LX sur l’Evangile selon saint Jean)

Pour un couple attendant un enfant

Seigneur Dieu qui avant tous les siècles es fécond de toi-même, engendrant le Fils unique et soufflant l’Esprit; Toi, Père, qui avant la chute accordas la fécondité, en prévision de la mort et pour la manifestation de ton image, à nos pères Adam et Eve, Tu les as bénis en leur disant: « Soyez féconds et multipliez-vous! ». Tu as rendu miraculeusement féconds tes serviteurs Abraham et Sarah, Isaac et Rébecca, Joseph et Aseneth, Moïse et Séphora, Joachim et Anne qui engendrèrent ta Mère très pure, ainsi que Zacharie et Elisabeth, parents de ton saint prophète et précurseur le Baptiste Jean. Tu as rendu la Vierge Marie incompréhensiblement mère par la puissance du saint Esprit; nous te prions et te supplions par l’intercession de tous tes saints.

A nous aussi tes indignes serviteurs, tenant compte non de nos oeuvres mais de notre foi, Tu as accordé la grâce d’accomplir ton saint commandement de fécondité et nous disons dans l’allégresse comme notre mère Eve: « J’ai reçu un enfant grâce à Dieu! »

Maintenant, Seigneur Dieu, Père Souverain, bénis, fortifie, protège et fais croître l’enfant que Tu as créé en nous donnant la grâce de le concevoir. Et, comme le fit saint Jean Baptiste le Précurseur sous l’inspiration du très saint Esprit, donne-lui, avant même sa naissance, d’exulter à l’approche et au Nom de ton Fils le Christ notre Dieu.

Rends-nous capables de recevoir de toi la créature bénie dont Tu connais le nom et que Tu nous confies, pour l’élargissement de notre famille, pour l’accroissement du nombre de tes saints et pour la manifestation de ton amour dans ta sainte Eglise et dans ton monde. Purifie-nous de tout esprit d’égoïsme et de possession et suscite en nous le charisme de la gratitude. Que soit béni le fruit de nos entrailles!

Accorde-nous, nous osons te le demander encore, un esprit de parenté spirituelle et d’abnégation à l’égard de cet enfant béni et voulu par toi, pour le recevoir tel que Tu nous le confies et l’élever selon tes préceptes dans la vraie foi. Accorde-nous encore dans ta sainte Eglise la fécondité spirituelle, pour être auprès de tes enfants, grâce aux fruits que nous porterons par la foi en toi, l’image de ta paternité divine. Et donne-nous, en vivant dans l’amour véritable qui vient de toi, de te glorifier en tout temps et en tout lieu, Père et Fils et Saint-Esprit. Amen!

Dimanche 20 novembre

Dimanche 20 novembre 2005,
Avant-fête de la Présentation de la Mère de Dieu au Temple

Tropaire de la Résurrection en ton 5 :
Fidèles, chantons et adorons le Verbe/ coéternel au Père et à l’Esprit.// Il est né de la Vierge pour notre salut,+ Il a daigné dans sa chair monter sur la Croix et supporter la mort,/ afin de ressusciter les morts par sa glorieuse Résurrection.//

Tropaire de l’avant-fête en ton 4 :
Anne, en ce jour, nous annonce la joie,+ portant comme fruit l’antidote du chagrin, la seule toujours-vierge/ qu’en ce jour, en l’accomplissement de son vœu, elle offre au Temple du Seigneur comme la Mère immaculée, le vrai temple du Verbe divin.//

Tropaire (s) de l’église

Kondakion de la Résurrection en ton 5 :
Des enfers où Tu descendis, ô mon Sauveur,+ Tu as brisé les portes, ô Tout-puissant,/ pour ressusciter les morts, ô Créateur !// Tu brisas l’aiguillon de la mort,+ Adam fut délivré de la malédiction,/ et nous, Seigneur, nous te crions : Sauve-nous, dans ton amour pour les hommes !//

Gloire…

Kondaki(a) de l’église :

Et maintenant…

Kondakion de l’avant-fête en ton 4 :
D’allégresse l’univers en ce jour est comblé,+ en l’auguste festivité de la Mère de Dieu,/ et chante : « Voici le Tabernacle des cieux ! »//

Prokimenon du ton 5 :  (Ps 11, 8 et 2):
C’est Toi, Seigneur, qui nous garderas,/ qui nous préserveras de cette génération pour l’éternité ! V/ : Sauve-moi, Seigneur, car il n’y a plus de saint, car les vérités ont diminué chez les fils des hommes.

Epître : Ephésiens  5, 8-19:
Frères, conduisez-vous en fils de la Lumière, car le fruit de l’Esprit, c’est tout ce qui est bonté, justice et vérité. Sachez reconnaître ce qui plaît au Seigneur, et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres ; démasquez-les plutôt. Ce qui s’y fait en cachette, on rougit même d’en parler. Mais, quand ces choses-là sont démasquées, leur réalité se révèle au grand jour, car ce qui révèle tout, c’est la Lumière. C’est pourquoi l’on chante : « Toi qui dors, éveille-toi, d’entre les morts relève-toi, et le Christ t’illuminera ! » Prenez donc bien garde à votre conduite : ne vivez pas comme des insensés, mais comme des sages ; tirez parti du temps présent, car nous traversons des jours mauvais. Ne soyez donc pas irréfléchis, mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur. Ne buvez pas jusqu’à l’ivresse, car le vin porte à la débauche ; laissez-vous plutôt remplir par l’Esprit saint. Dites entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantez pour le Seigneur et psalmodiez de tout cœur.

Alléluia du ton 5 : (Ps 88, 2 et 3):
Tes miséricordes, Seigneur, éternellement je les chanterai ! De génération en génération, ma bouche annoncera ta vérité !
- Car Tu as dit : « La miséricorde est un édifice éternel ». Dans les cieux est préparée ta vérité.

Evangile : Luc 12, 16-21
En ce temps-là, le Seigneur dit cette parabole. Il y avait un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté ; et il se demandait en lui-même : « Que vais-je faire ? car je n’ai pas où loger ma récolte. » Puis il se dit : « Voici ce que je vais faire. Je vais abattre mes greniers, j’en construirai de plus grands, j’y serrerai tout mon blé et mes biens, et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour beaucoup d’années ; repose-toi, mange, bois, réjouis-toi ! » Mais Dieu lui dit : « Insensé ! Cette nuit même on va te redemander ton âme ; et ce que tu auras amassé, qui l’aura ? » Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s’enrichir en vue de Dieu.

Catéchèse : La tradition du jeûne et de l’abstinence pendant le carême de Noël ou Avent
Le carême de la Nativité, appelé également « carême de Noël », « carême de saint Martin » (la fête de saint Martin est le 11 novembre) ou « carême de saint Philippe » (la fête du saint apôtre Philippe est le 14 novembre), est un temps de purification physique et spirituelle pour accueillir le Verbe incarné. Il appartient à la tradition ancienne de l’Eglise universelle. Il dure quarante jours (six dimanches) et a toujours une date fixe : du 15 novembre au 25 décembre. On commence le soir du 14 novembre, mais si ce jour est un mercredi ou un vendredi on commence le 13 au soir.
C’est un carême plus léger que celui de Pâque. Nous renonçons à la viande, aux œufs et au fromage (échos du mystère pascal). Lundi, mercredi et vendredi on s’abstient de vin et d’huile. Mardi et jeudi on prend du vin et de l’huile ; samedi et dimanche on prend du poisson, de l’huile et du vin. Le poisson est consommé seulement jusqu’à la Saint-Nicolas (6 décembre) inclus, milieu de l’Avent.
La veille de Noël on mange seulement le soir des céréales, des fruits et des légumes. Le jour de Noël, quel qu’il soit, on rompt tout jeûne et toute abstinence.
Le 21 novembre, mémoire de la Présentation de la Mère de Dieu au Temple, on mange du poisson. Il en est de même les lundis, mercredis et vendredis, s’il y a une fête.
Pendant le carême de Noël, on ne célèbre pas de mariage.
Pour cette quarantaine, faisons quelques projets : lire davantage la Parole de Dieu ; prier davantage, surtout en famille ; nous confesser plus souvent ; nous montrer miséricordieux avec notre entourage humain et avec toutes les créatures. Nous nous préparerons ainsi au grand mystère de Noël : Dieu devenu un être humain parmi d’autres, sans cesser d’être la Personne divine du Verbe, assumant tout ce qui est humain, et habitant parmi les humains pour changer son monde de l’intérieur et le sauver.
L’épître et l’évangile de ce jour nous inspirent, pour nous préparer, la sobriété et à la veille. Le Seigneur nous parle et nous appelle à vivre selon la Lumière de sa sagesse et de sa présence : Il vient dans les ténèbres de notre ignorance de lui, pour nous illuminer par la révélation de lui-même. Il nous invite à garder nos esprits et nos cœurs vigilants grâce à la psalmodie, et en pensant au terme de notre vie et de l’Histoire. La matérialisme qui nous entoure est une illusion (ne vivons pas comme des « insensés », nous dit l’Esprit saint), parce que le terme de notre existence et de l’histoire humaine et cosmique tout entière est la rencontre merveilleuse et redoutable avec le Seigneur de tout et de tous. Nous sommes invités à « nous enrichir en vue de Dieu » ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

Dimanche 13 novembre

Dimanche 13 novembre 2005,
mémoire de saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople (407)

Tropaire de la Résurrection en ton 4 : Les femmes disciples du Seigneur,+ ayant appris des anges la prédication lumineuse de la Résurrection, et le terme de l’ancestrale condamnation,/ louent Dieu, disant aux apôtres : « Renversée est la mort !// Le Christ est ressuscité,/ donnant au monde sa grande miséricorde ! »//

Tropaire de saint Jean Chrysostome en ton 8 : Resplendissante de clarté, la grâce de ta bouche a brillé sur l’univers,+ révélant au monde les trésors où l’avarice n’a point de part,/ et nous montrant la grandeur de l’humilité.// Père saint dont la parole nous instruit, Jean Chrysostome,/ intercède auprès du Verbe, le Christ notre Dieu, pour le salut de nos âmes !//

Tropaire(s) de l’église

Kondakion de saint Jean Chrysostome en ton 6 : Tu as reçu la divine grâce depuis le ciel,+ et de tes lèvres tu appris au monde entier/ l’adoration de l’unique Dieu en la Trinité.// Jean Chrysostome, vénérable Père bienheureux,/ selon tes vertus nous t’acclamons comme Docteur enseignant les réalités de Dieu !//    Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion de la Résurrection en ton 4 : Mon Sauveur et mon Libérateur a ressuscité tous les mortels,/ les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau.// Il a brisé les portes de l’enfer/ et en Maître souverain Il est ressuscité le troisième jour.//   Et maintenant et toujours…

Kondakion de Présentation de la Mère de Dieu au Temple en ton 4 : Le très saint temple du Sauveur, sa Chambre nuptiale de grand prix,+ la Vierge, Trésor sacré de la gloire de Dieu,/ en ce jour est présentée au Temple du Seigneur.// Elle y apporte la grâce du saint Esprit/ et devant elle les anges de Dieu chantent : « Voici le Tabernacle des cieux ! »//

Prokimenon du ton 4 (Ps.103, 24 et 1) : Que tes œuvres sont admirables, Seigneur !/ Tu as fait toutes choses dans ta Sagesse !// V/ : Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Seigneur mon Dieu, Tu as été grandement magnifié ! et pour saint Jean, en ton 4 (Ps. 48, 4 et 1) : Ma bouche va faire entendre la Sagesse,/ mon cœur médite de prudents avis.// V :Ecoutez ceci, toutes les nations ; prêtez l’oreille, tous les habitants de l’univers !

Epître : du dimanche, Ephésiens 4, 1-7, et du saint, Hébreux 7, 26 à 8, 2
Frères, je vous encourage, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu : en toute humilité, douceur et patience vous supportant les uns les autres avec charité, appliquez-vous à conserver l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Il n’y a qu’un seul Corps et qu’un seul Esprit, comme il n’y a qu’une seule espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous.
Frères, tel est précisément le pontife qu’il nous fallait : saint, innocent, immaculé, séparé désormais des pécheurs, élevé plus haut que les cieux ; un pontife qui n’ait pas besoin, comme les grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car cela, Il l’a fait une fois pour toutes lorsqu’ en sacrifice Lui-même Il s’est offert. La loi de Moïse établit comme grands prêtres des êtres humains sujets à la faiblesse ; mais le serment de Dieu, prononcé après la Loi, établit comme grand prêtre le Fils, parfaitement accompli pour l’éternité. De ce qui vient d’être dit, le point capital est celui-ci : nous avons un pontife de telle nature qu’Il est assis à la droite du trône de la majesté divine, dans les cieux ; et là, Il accomplit son ministère, non plus dans le tabernacle dressé par les humains, mais dans le sanctuaire véritable érigé par le Seigneur.

Alléluia du ton 4 (Ps. 44, 5 et 8): Va, marche en vainqueur et règne ! Pour la vérité, la mansuétude et la justice ! - Tu as aimé la justice et haï l’iniquité.  Et pour saint Jean, en ton 2 (Ps. 36, 31 et 32) :  La bouche du juste médite la Sagesse, et sa langue redit ce qui est juste. - La loi de Dieu est dans son cœur ; ses pas ne trébucheront pas !

Evangile : du dimanche, Luc 10 25 37, et du saint, Jean 10, 9-16
En ce temps-là, un maître de la Loi s’approcha de Jésus et lui dit pour l’éprouver : « Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans la Loi ? qu’y lis-tu ? » Celui-ci répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même ». Jésus lui dit : « Tu as bien répondu ; fais cela et tu vivras ». Mais le maître, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus lui répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba dans les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Il se trouva qu’un prêtre descendait par ce chemin : il le vit, changea de côté et passa. De même un lévite, arrivant à cet endroit, l’aperçut, changea de côté et passa, lui aussi. Mais un Samaritain qui était en voyage arriva près de lui : il le vit et fut touché de compassion. Il s’approcha, pansa ses plaies et y versa de l’huile et du vin ; puis il le prit sur sa propre monture et le conduisit dans une auberge, où il prit soin de lui. Le lendemain, il prit deux deniers et les donna à l’aubergiste en disant : Prends soin de cet homme, et si tu dépenses quelque chose en plus, je te paierai à mon retour . Lequel de ces trois, à ton avis – demanda Jésus – s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? » Le maître de la Loi répondit : « C’est celui qui a pratiqué la miséricorde envers lui ».
Alors Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même ! »
En ce temps-là, Jésus dit : « Moi, Je suis la Porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il ira et viendra et trouvera pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, Je suis le bon berger ; le bon berger offre sa vie pour les brebis. Le mercenaire, qui n’est pas le berger, à qui n’appartiennent pas les brebis, dès qu’il voit venir le loup, abandonne les brebis et s’enfuit, et le loup les attrape et les disperse. Le mercenaire s’enfuit parce qu’il est mercenaire et n’a pas souci des brebis. Moi, Je suis Le Berger, le bon, et Je connais les miens et les miens me connaissent, comme le Père me connaît et que, Moi, Je connais le Père ; et J’offre ma vie pour les brebis. Mais J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là, il faut que Je les conduise : elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger. »

Koinonikon du dimanche (« Louez… ») et du saint (Ps.111, 7) en ton occurrent: Le juste sera en mémoire éternelle, il ne craindra pas d’entendre de parole de malédiction : alléluia !

Homélie de saint Jean Chrysostome sur Jn.10, 1-16 : « J’offre ma vie ». Jésus Christ le répète souvent pour montrer qu’Il n’est pas un imposteur (…) Ayant dit « Je suis la Lumière, Je suis la Vie », des insensés auraient pu penser qu’Il était un homme vain parlant pour s’élever au-dessus des autres. Mais en disant : « Je veux mourir », Il ne s’attirait l’envie de personne. Par cette parole, Il montrait son infinie sollicitude, Lui qui voulait se livrer à la mort pour ceux mêmes qui le lapidaient (…). De plus, Il veut nous montrer qu’Il ne va pas à la mort malgré lui ; car s’Il ne mourait pas volontairement et parce qu’Il le veut bien, comment sa mort serait-elle un lien d’amour ? Il veut nous montrer encore que c’est là principalement la volonté de son Père(...). Il s’est volontairement livré à la mort ; Il montre ainsi qu’Il est le Maître de la vie et de la mort, qu’il a le pouvoir de reprendre la vie lorsqu’ Il le voudra, par la résurrection.

Dimanche 6 novembre 2005

Dimanche 6 novembre 2005

Tropaire de la Résurrection en ton 3 :
Que les Célestes soient en liesse !+ Que les terrestres se réjouissent !+ Car le Seigneur a établi son Règne par son Bras,/ terrassant la mort par la mort, Lui le Premier-Né d’entre les morts.// Il nous libère du ventre de l’enfer,/ et offre au monde la grande miséricorde.//

Tropaire (s) de l’église

Kondakion (a) de l’église

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion de la Résurrection en ton 3 :
Du tombeau Tu es ressuscité en ce jour,+ ô Dieu de miséricorde,/ nous arrachant aux portes de la mort ;// en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie,/ et tous ensemble les patriarches et les prophètes chantent inlassablement la force et la puissance de ta divinité.//

Et maintenant et toujours…

Kondakion de la Mère de Dieu en ton 6 :
Protectrice assurée des chrétiens,+ Médiatrice sans défaillance devant le Créateur,/ ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !// Mais dans ta bonté+ ne tarde pas à nous secourir,/ nous qui t’invoquons avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession,+ et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu,/ Secours constant de ceux qui t’honorent ».//

Prokimenon en ton 3 (Ps.46, 7 et 2 : Septante)
Chantez un psaume pour notre Dieu, chantez un psaume! Chantez un psaume pour notre Roi, chantez un psaume!
V : Toutes les nations, battez des mains, acclamez Dieu avec des cris de joie.

Epître : Ephésiens 2, 14-22.
Frères, le Christ est notre paix, Lui qui a réuni en un seul peuple les Juifs et les Païens, et qui a fait tomber ce mur de haine qui les séparait. En sacrifiant sa propre chair, Il a mis fin à l’antique Loi, avec tous ses règlements et ses prohibitions. Des deux antagonistes de jadis, Il a formé en lui-même un peuple unique et une humanité nouvelle, réalisant la paix entre eux et les réconciliant avec Dieu. Les uns et les autres, Il les a unis en un seul corps, par cette croix sur laquelle Il a mis à mort l’inimitié. Il est donc venu pour annoncer à tous la bonne nouvelle de la paix, à vous qui étiez loin et à ceux qui étaient proches, de sorte que par lui nous avons, les uns et les autres, libre accès auprès du Père en un seul Esprit saint. Aussi n’êtes-vous plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes la maison de Dieu. Vous faites partie d’un édifice qui a pour fondations les apôtres et les prophètes, et dont la pierre d’angle est en personne Jésus Christ. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement, pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez, les uns unis aux autres, comme pierres de cette construction qui deviendra, par l’Esprit saint, la demeure de Dieu.

Alléluia en ton 3 (Ps.30, 2 et 3 : Septante):
1.En toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance : que je ne sois pas confondu pour l’éternité! En ta justice, sauve-moi et délivre-moi!
2.Sois pour moi un Dieu protecteur, une maison de refuge, pour me sauver !

Evangile : Luc 8, 41-56 (notre traduction).
En ce temps-là, un homme du nom de Jaïre, qui était chef de synagogue, s’approcha de Jésus. Tombant à ses pieds, il le suppliait de venir chez lui, parce qu’il avait une fille unique, âgée d’environ douze ans, qui était mourante. Et tandis que Jésus s’y rendait, les foules manquaient de l’étouffer.
Or une femme en état d’hémorragie depuis douze ans et qui n’avait pu être soignée par personne, s’approcha par derrière et toucha la frange du manteau de Jésus ; et à l’instant même son hémorragie cessa. Et Jésus demanda : « Qui m’a touché ? » Comme tous s’en défendaient, Pierre et ses compagnons lui dirent : « C’est Toi qui commande, mais les foules te pressent à t’écraser ! » Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché : J’ai senti qu’une puissance était sortie de moi. » Voyant qu’elle ne pourrait rester cachée, la femme vint toute tremblante et, se jetant aux pieds de Jésus, révéla devant tout le peuple pour quelle raison elle l’avait touché et comment elle avait été guérie à l’instant. Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix ! »
Jésus parlait encore, quand de chez le chef de la synagogue arriva quelqu’un qui dit à celui-ci : « Ta fille est morte, ne dérange plus le Maître ! » Mais Jésus, qui avait entendu, lui répondit : « N’aie pas peur; crois seulement, et elle sera sauvée ! » Arrivé à la maison, Jésus ne laissa personne entrer avec lui, sauf Pierre, Jean et Jacques, ainsi que le père et la mère de l’enfant. Tous pleuraient et se lamentaient sur elle, mais Jésus leur dit : « Ne pleurez pas, elle n’est pas morte, mais elle dort ! » Et les gens se moquaient de lui, sachant bien qu’elle était morte. Mais Jésus prit souverainement la main de la petite fille et lui dit à haute voix : « Enfant, réveille-toi ! » Le souffle lui revint et, à l’instant même, elle ressuscita. Et Jésus ordonna de lui donner à manger.
Ceux qui l’avaient engendrée étaient hors d’eux-mêmes, mais Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qui était arrivé.

Catéchèse : la souveraineté de Jésus, le Christ Dieu, en son Corps et son Sang, l’Eglise
1. Le Nom de Jésus, « Dieu sauve », à commenter par le trop. et le kond. en ton 3, et les versets du prok. et de l’alléluia : tout se rapporte à l’évangile de ce jour. Il est également appelé « Celui qui commande » (épistate, v.47), et « Maître » (didaskale, enseignant, v.49), noms humains. Jésus est Dieu et Homme, devant qui on se prosterne (valoriser le gestuel).
2. Sa divinité se voit par la souveraineté sur la maladie et sur la mort (Il saisit « souverainement » la main de l’enfant, verbe de même famille que Pantocrator, « Souverain »). La puissance de sa Personne divine se voit dans la force créatrice de sa parole (Il est la Parole – Logos - qui vivifie par ses paroles – logoi), au v.55, en rendant le « souffle » (cf. Genèse ).
3. Les énergies divines passent au travers de l’humanité de Jésus (une « puissance », dynamis, est sortie de moi). Le Christ Dieu guérit par ses énergies incréées, grâce vivifiante opposée à l’hémorragie qui donne la mort. Dans les sacrements de son Corps qu’est l’Eglise, la Personne (Hypostase) divine de Jésus vivifie par la parole et par les énergies (commenter l’onction, l’eucharistie surtout.). Son humanité est réelle (Il risque même d’être étouffé par les foules !)
4. Le Corps de la Personne divine du Fils est également l’Eglise (épître de ce jour) : « construction » dont Jésus est la « pierre d’angle », les baptisés les « pierres », l’ensemble « maison de Dieu », « demeure » du Père « par l’Esprit ». L’Eglise est la réalité sacramentelle de la Personne divine de Jésus, Dieu incarné, Dieu et Homme : le Christ, le collège apostolique (Pierre, Jean et Jacques) et les fidèles . Elle repose sur la foi en Jésus Christ : « ta foi t’a sauvée ! », « crois seulement !» ; c’est par la foi que nous pouvons, grâce au baptême et à tous les sacrements, être les pierres vivantes de l’édifice, les membres irradiés par les énergies divines, et les irradiant à notre tour.

Prière du bienheureux François d'Assise (traduction en anglais)

" Lord, make me an instrument of Thy Peace...

Where there is hatred, let me sow love; where there is injury, pardon; where there is sadness, joy.

O Divine Master, grant that I may so much seek to be consoled as to console; to be understood, as to understand; to be loved as to love;

For it is in giving that we receive; it is in pardonning that we are pardoned; and it is in dyingthat we are born to Eternal life."

                                                

Dimanche 30 octobre 2005

Dimanche 30 octobre 2005

Tropaire de la Résurrection en ton 2 : Lorsque Tu descendis jusqu’en la mort,+ ô Vie immortelle,/ l’enfer fut tué par la splendeur de ta divinité .// Lorsque Tu relevas les morts des bas-fonds,+ toutes les vertus célestes te clamèrent :/ Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !//

Tropaire (s) de l’église

Kondakion (a) de l’église

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion de la Résurrection en ton 2 : Lorsque Tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant,/ l’enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ;// les morts se sont levés+ et, en te voyant, la création partage ta joie, Adam s’unit à l’allégresse ;/ et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours !//

Et maintenant et toujours…

Kondakion de la Mère de Dieu en ton 6 : Protectrice assurée des chrétiens,+ Médiatrice sans défaillance devant le Créateur,/ ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !// Mais dans ta bonté+ ne tarde pas à nous secourir,/ nous qui t’invoquons avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession,+ et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu,/ Secours constant de ceux qui t’honorent ».//

Prokimenon en ton 2 (Ps.117, 14 et 18, Septante) : Le Seigneur est ma force et mon chant/ et Il s’est fait mon salut.// V : Le Seigneur m’a châtié et châtié encore pour m’éduquer, mais Il ne m’a pas livré à la mort.

Epître : Galates 6, 11-18 (usage grec et roumain)
Frères, vous le voyez : la conclusion de cette lettre, je l’écris pour vous en gros caractères, de ma propre main. Ceux qui vous imposent la circoncision, ce sont des gens qui veulent faire bonne figure devant les hommes, uniquement pour s’éviter les persécutions à cause de la Croix du Christ. D’ailleurs ces soi-disant circoncis n’observent même pas la Loi : ils veulent seulement que vous soyez circoncis, pour avoir en votre chair un motif de se glorifier. Quant à moi, que Dieu me garde de me glorifier, si ce n’est dans la Croix de notre Seigneur Jésus Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde ! Car, en Jésus Christ, ce qui importe, ce n’est ni la circoncision ni l’incirconcision, mais c’est d’être une créature nouvelle. Et à tous ceux qui suivront cette règle, paix et miséricorde, ainsi qu’à l’Israël de Dieu ! Dorénavant, que personne ne me suscite d’ennuis : je porte dans mon corps les marques du Seigneur Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit : Amen !

Alléluia en ton 2 (Ps.19, 1 et 10, Septante) : Que le Seigneur t’exauce au jour de la tribulation ! Que le Nom du Dieu de Jacob te protège ! V : Seigneur, sauve le Roi, et exauce-nous, le jour où nous t’invoquerons !

Evangile : Luc 16, 19-31 (usage grec et roumain)
En ce temps-là, le Seigneur dit la parabole suivante. Un homme riche s’habillait de pourpre et de lin fin, et faisait chaque jour des festins somptueux. Et un pauvre nommé Lazare gisait près de son portail, tout couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche, mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham ; le riche mourut aussi et fut enseveli.
Dans le séjour des morts, en proie aux tourments, le riche leva les yeux et vit de loin Abraham, et dans le sein d’Abraham, Lazare. Alors il s’écria : « Père Abraham, miséricorde ! Envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car dans ces flammes je souffre cruellement ». Abraham lui répondit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare ses maux ; maintenant donc il trouve ici consolation, et c’est ton tour de souffrir. D’ailleurs entre vous et nous s’est ouvert un abîme profond ; et ceux qui le voudraient ne peuvent passer d’ici vers vous, pas plus que ceux qui voudraient passer de là jusqu’à nous ». Le riche dit alors : « Père, je t’en prie, envoie Lazare dans la maison de mon père. J’ai cinq frères : qu’il leur fasse la leçon, pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de tourments ». Et Abraham de lui répondre : « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent ! » Mais le riche reprit : « Non, Père Abraham, mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront ». Mais Abraham lui dit : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne croiront pas davantage quelqu’un qui ressusciterait d’entre les morts ! »

Catéchèse : la Résurrection, renouvellement de la nature humaine par la déification
1. Les mots à expliquer : « châtier », étymologiquement veut dire « purifier », « corriger ». L’épreuve peut être purificatrice. Le Seigneur la permet, non pour nous écraser (aussi le prions-nous « ne nous soumets pas à l’épreuve », c’est-à-dire ne permet pas que nous soyons brisés par elle), mais pour nous fortifier dans la foi et dans la grâce du saint baptême. La « circoncision », ablation rituelle du prépuce pratiquée par les Sémites, scellait dans le sang l’alliance entre Dieu et son peuple (cf. Genèse). Lui succède la « circoncision spirituelle », l’onction du saint chrême faite après le baptême, qui scelle dans l’Esprit, pour la femme comme pour l’homme, la même alliance renouvelée par le Christ Dieu. « Circoncire son cœur » c’est en retrancher, pour le purifier, les passions et toutes les préoccupations vaines de ce monde. Le croyant se purifie pour Dieu ; pour participer à la vie dans l’Esprit et connaître le Père en étant affilié à lui en Jésus Christ.
2. Le thème de la Résurrection : commenter le tropaire, le kondakion, les versets du prokimenon et de l’alléluia.  Commenter l’expression « créature nouvelle » : en devenant Homme, le Verbe qui est Dieu, le Christ Jésus, s’est révélé le Sujet absolu de l’humanité (on dit l’hypostase). Sa personne (hypostase) divine a uni en elle-même la divinité et l’humanité. Elle a ainsi non seulement purifié, mais déifié celle-ci. La Résurrection, et l’Ascension qui suit, portent à la plénitude cette apothéose de la nature humaine. Aussi, toute personne qui met sa foi en la personne divine de Jésus vrai Dieu et vrai Homme, et surtout qui s’agrège à lui par le saint baptême, goûte et communie à cette humanité renouvelée dans sa substance-même. Ceci est l’objet de notre émerveillement et de nos louanges. Nous nous l’approprions par la foi, en « croyant celui qui est ressuscité des morts », Jésus. Les défunts eux-mêmes, ceux qui se sont endormis dans cette foi, appartiennent à cette humanité neuve. En fait le genre humain entier, universel - même ceux qui ne connaissent pas Dieu - jouit de cette humanité nouvelle : mais il faut la conversion personnelle, pour se l’approprier dans l’Esprit. L’athée, l’agnostique, le païen, le néo-paganisme à la mode ces jours-ci, appartiennent à l’humanité renouvelée en Christ, mais ne le savent pas ! Jésus Christ ne fonde pas une nouvelle religion : Il transfigure la substance de l’Homme en l’unissant à la divinité par son Incarnation ! Gloire, Seigneur, à ta divine incarnation et à ta sainte résurrection! Donne à tous les êtres humains d’y communier !