« janvier 2006 | Accueil | mars 2006 »

Informations paroissiales février-mars 2006

Chers Pères et Frères, veuillez noter les informations suivantes !

Dimanche 19 février est l’anniversaire de notre archevêque le métropolite Joseph…

Samedi 25, est un samedi de tous les défunts : office à 18 h 00 avant vêpres (pensez à apporter noms et offrandes, par exemple colybes…)

Dimanche 26, à l’issue de la divine liturgie, déjeuner des jeunes chez Monique Saunier avec Père Yves Dulac. Ce sera le dernier jour de viande !

Mercredi 1er mars, à l’issue de la divine liturgie (qui est celle du jeudi, comme vous savez), catéchèse sur: " Comment lire la Parole ? "

Dimanche 5 mars, dimanche du Pardon, office spécial à l’issue de la divin liturgie ; dernier jour des laitages et des oeufs.

Le 15 mars est l’anniversaire de la consécration épiscopale du Monseigneur Joseph…

Samedi 18 mars sera encore un samedi de tous les défunts : office à 18 h 00 avant vêpres.

Samedi matin à 10 h 30: célébration de l’Annonciation: prévoyez !

                                                -----------------------------------------------------------------

Toute la semaine, offices spéciaux avec le canon de saint André de Crète à 19 h 00 ; vendredi, ce sera l’acathiste à la Mère de Dieu
Le calendrier détaillé sera envoyé sous peu !

Tous les mercredis après l’office du soir, catéchèse sur la Parole de Dieu, (sauf le 15 mars et le 12 avril, où il y aura réunion du Conseil paroissial), pour agrémenter cette belle période de Carême ! (par exemple : « comment lire le saint Evangile ? », « comment lire un psaume ? », « comment lire une épître ? », « comment lire un texte de l’Ancien Testament ? » selon la tradition des saints Pères…)
Nous pourrions remettre en route, pendant cette période un groupe de mémorisation de l’Evangile, puisque l’être humain ne se nourrit pas seulement de pain mais de la Parole… (dixit le Christ !). Les enfants sont les premiers destinataires de ce projet, mais pourquoi pas les adultes ? A voir et à confirmer…

Aux vêpres du samedi, nous pourrions, pendant cette période, célébrer régulièrement la litie (prévue par le Triode)

Tous les samedis, nous pourrions également avoir l’office de la Prière du cœur, sauf cas de grandes fêtes.

Dimanche 26 février

Dimanche 26 février 2006,  ton 3,
le Jugement dernier ; dimanche de Carnaval (dernier jour de viande)

Tropaire de la Résurrection en ton 3 :
Que les Célestes soient en liesse !+ Que les terrestres se réjouissent !+ Car le Seigneur a établi son Règne par son Bras,/ terrassant la mort par la mort, Lui le Premier-Né d’entre les morts.// Il nous libère du ventre de l’enfer,/ et offre au monde la grande miséricorde.//

Tropaire(s) de l’église… Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit… Kondakion(a) de l’église… Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Kondakion du Triode, ton 1 :
Lorsque Tu viendras, dans la gloire, sur la terre, ô notre Dieu,+ la création entière tremblera, un fleuve de feu coulera devant ton tribunal,/ les livres seront ouverts et les secrets manifestés.// En ce jour délivre-moi du feu qui ne s’éteint/ et rends-moi digne de me tenir à ta droite, Juge juste et équitable.//

Prokiménon du Triode en ton 3 (Ps 146, 5 et 1, trad. des Septante) :
Il est grand, notre Seigneur, grande est sa puissance ! Il n’y a pas de mesure à son intelligence.
- Louez le Seigneur, car il est doux de chanter un psaume ; que la louange soit agréable à notre Dieu !

Epître : 1 Corinthiens 8, 8-13 ; 9, 1-2
Frères, ce n’est pas un aliment qui nous rapprochera de Dieu : si nous n’en mangeons pas, nous n’aurons rien de moins, et si nous en mangeons, nous n’aurons rien de plus. Mais prenez bien garde que cette liberté dont vous usez ne devienne pour les faibles une occasion de chute. Car si quelqu’un te voit, toi qui as la connaissance, attablé dans un temple d’idoles, ce spectacle ne poussera-t-il pas celui dont la conscience est faible à en manger des mets offerts aux idoles ? Et ainsi, à cause de ta connaissance, ce faible périt, ce frère pour qui le Christ est mort. En péchant ainsi contre vos frères, en blessant leur conscience qui est faible, c’est contre le Christ que vous péchez. C’est pourquoi, si un aliment doit causer la chute de mon frère, je me passerai de viande à tout jamais, plutôt que de scandaliser mon frère. Ne suis-je pas libre ?Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus, notre Seigneur ? N’êtes-vous pas mon œuvre dans le Seigneur ? Si pour d’autres je ne suis pas apôtre, pour vous du moins je le suis ; car c’est vous qui, dans le Seigneur, êtes le sceau de mon apostolat.
Alléluia du Triode en ton 8 (Ps 94, 1 et 2, trad. des Septante) :
Venez, exultons pour le Seigneur ! Acclamons Dieu notre Sauveur !
- Allons en sa présence en le confessant, et acclamons-le au son des psaumes !

Evangile : Matthieu 25, 31-46 (notre traduction)
En ce temps-là Jésus dit : « Lorsque le Fils de l’Homme viendra dans sa gloire, et avec lui tous les anges, alors Il siégera sur le trône de sa gloire. Et seront rassemblées devant lui toutes les nations, et Il mettra à part les uns des autres, comme le pasteur met à part les agneaux et les chevreaux ; et Il placera les agneaux à sa droite et les chevreaux à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘ Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car J’ai eu faim et vous m’avez nourri ; J’ai eu soif et vous m’avez désaltéré ; J’étais étranger et vous m’avez recueilli ; nu et vous m’avez vêtu ; J’étais malade et vous m’avez rendu visite ; J’étais en prison et vous êtes venus me voir.’ Alors les justes lui répondront et lui diront : ‘ Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim et t’avons-nous nourri ou avoir soif et t’avons-nous désaltéré ? Quand t’avons-nous vu étranger et recueilli, ou nu et t’avons-nous vêtu ? Quand t’avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous venus te voir ?’ Le roi leur dira en réponse : ‘Amen, Je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’ Alors Il dira à ceux qui sont à gauche : ‘Allez loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car J’ai eu faim et vous ne m’avez pas nourri ; J’ai eu soif et vous ne m’avez pas désaltéré ; J’étais étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; nu et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison et vous ne m’avez pas rendu visite .’ Et eux aussi répondront : ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim ou soif, être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t’avons-nous pas assisté ?’ Alors Il leur dira en réponse : ‘Amen, Je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’ Et ils s’en iront, eux vers le châtiment éternel, mais les justes vers la vie éternelle. »

Koinonikon du dimanche : Louez le Seigneur… et des saints (Ps. 32) : Exultez, les justes, dans le Seigneur ! Aux hommes droits convient la louange : Alléluia !

Catéchèse : le sens de l’Histoire universelle et personnelle dans le Carême
1. A partir de ce dimanche, les baptisés s’abstiennent de la viande, liée à la violence et à la mort (sang versé) consécutives au péché. Le chrétien y renonce pour retrouver l’alimentation paradisiaque (Genèse 1, 29) et la relation désintéressée avec l’animal confié à Adam (28). Il annonce ainsi le Royaume qui vient, libre de la souffrance et de la mort.
2. Le mode de vie paradisiaque est lié à la chasteté, renoncement (avec la bénédiction ecclésiale) aux relations conjugales, pour retrouver au cours du Carême la sexualité paradisiaque. La chasteté libère la personne, restaure la douceur des fiançailles et renouvelle l’amour nuptial dans son principe et son avenir. Prophétisme de l’Eglise…
3. La « charité » active (charismatique, non sentimentale) signale le monde à venir, par l’amour des pauvres, des affamés, des prisonniers et des malades. Les « doux », les non violents, voient l’humilité de Jésus dans les humiliés. L’aumône et la générosité purifient le consumérisme lié au péché. La « charité » (avec l’eros transfiguré en agapè) est l’avenir de la création.
4. La douceur prépare la fin des temps : l’évangile de ce jour annonce le second Avènement (« Il revient avec gloire », dit la Foi). L’Histoire universelle et personnelle est une préparation à la rencontre avec le Souverain, devant qui toutes les actions seront dévoilées. Cette dimendion « eschatologique » (= en rapport avec la fin du monde) est déjà dans la tendresse paternelle à l’égard du Fils prodigue. « Demandons…. notre justification devant le redoutable tribunal du Christ » (litanie) : le monde et l’Histoire ont un sens structuré par la responsabilité humaine. Celle-ci, « royauté » d’Adam, est la dignité paradisiaque. Tous rendront compte de leur mission, pour purifier l’humanité de l’irresponsabilité de Caïn (Gen.4, 9) et être à la Droite du Père.
5. Tous les humains seront jugés sur l’humilité (Publicain), le repentir (Fils prodigue), sur la charité et la compassion de leur cœur (ce jour). « Le châtiment, ce sont les ténèbres ou ce qui leur ressemble : la séparation de Dieu, le harcèlement de la conscience demandant aux âmes comment elles ont pu, par insouciance ou pour une jouissance ephémère, se priver de la divine illumination » (Synaxaire de ce jour). Le Fils aîné (dim. dernier) s’est privé lui-même de la fête de l’amour divin.

Dimanche 19 février

Dimanche 19 février 2006,  ton 2, dimanche du Fils prodigue

Tropaire de la Résurrection en ton 2 : Lorsque Tu descendis jusqu’en la mort,+ ô Vie immortelle,/ l’enfer fut tué par la splendeur de ta divinité .// Lorsque Tu relevas les morts des bas-fonds,+ toutes les vertus célestes te clamèrent:/ « Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi ! » //

Tropaire(s) de l’église…  Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion(a) de l’église…    Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Kondakion du Triode, ton 3 : M’étant sevré de ta gloire paternelle,/ j’ai dépensé les richesses que Tu m’avais données ;// c’est pourquoi je fais monter vers toi/ la confession du Fils prodigue:// « J’ai péché contre le ciel et devant toi, ô Père de miséricorde !/ Accueille-moi repentant et traite-moi, Seigneur, comme l’un de tes salariés ! »//

Prokimenon en ton 2 (Ps.117, 14 et 18, Septante) :
Le Seigneur est ma force et mon chant/ et Il s’est fait mon salut.// V : Le Seigneur m’a châtié et châtié encore pour m’éduquer, mais Il ne m’a pas livré à la mort.

Epître : 1 Corinthiens 6, 12-20 (notre traduction)
Frères, j’ai toute liberté, mais tout n’est pas utile. J’ai toute liberté, mais, moi, je ne permettrai à rien de prendre des libertés avec moi ! La nourriture est pour le ventre, le ventre pour la nourriture, et Dieu abolira l’un et l’autre. Mais le corps n’est pas pour la débauche : il est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps. Et Dieu qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera nous aussi par sa puissance. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? Vais-je donc prendre les membres du Christ pour en faire les membres d’une débauchée ? En aucun cas ! Ou bien ne savez-vous pas que celui s’unit à la débauchée ne fait avec elle qu’un seul corps ? Car il est dit : « Les deux ne feront qu’une seule chair. » Mais celui qui s’unit au Seigneur n’est avec lui qu’un seul esprit. Fuyez la débauche ! Tous les péchés que l’être humain peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais le débauché pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple de l’Esprit saint, qui est en vous et que vous tenez de Dieu ? Vous ne vous appartenez pas, car vous avez été rachetés très cher : glorifiez donc Dieu dans votre corps !
Alléluia en ton 2 (Ps.19, 1 et 10, Septante) :
Que le Seigneur t’exauce au jour de la tribulation ! Que le Nom du Dieu de Jacob te protège ! V : Seigneur, sauve le Roi, et exauce-nous, le jour où nous t’invoquerons !

Evangile : Luc 15, 11-32 (notre traduction)
En ce temps-là, Jésus dit la parabole suivante. Un père avait deux fils et le plus jeune lui dit : « Père, donne-moi la part qui me revient de notre fortune. » Et le père partagea les ressources entre eux. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout rassemblé, partit pour un pays lointain et, là, il dissipa sa fortune, menant une vie de perdition. Lorsqu’il eut tout dépensé, une cruelle famine toucha ce pays et il commença à être dans le dénuement. Il alla donc s’engager auprès d’un des habitants de ce pays qui l’envoya garder les porcs dans ses champs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les porcs, et personne ne lui en donnait. Entrant en lui-même, il dit : « Tant de salariés de mon père ont du pain en abondance et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais me lever, j’irai vers mon père et je lui dirai : ‘ Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme un de tes salariés.’ » Il se leva et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut saisi de miséricorde ; il courut se jeter au cou de son fils et l’embrassa tendrement. Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. » Mais le père dit à ses esclaves : « Vite, apportez le vêtement le plus beau, et revêtez-l’en ; mettez-lui un anneau à la main et des chaussures aux pieds ! Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et réjouissons-nous ! Mon fils que voici était mort, et il est vivant ; il était perdu et il est retrouvé !» Et ils se mirent à se réjouir. Son fils aîné était aux champs : comme il approchait de la maison, il entendit jouer des danses ; il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait. Celui-ci lui dit : « Ton frère est là, et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a recouvré en bonne santé. » Le fils aîné se mit en colère et ne voulait pas entrer. Mais, son père sortit pour l’en prier. Il répondit à son père : « Voilà tant d’années que je te sers comme un esclave sans jamais transgresser un seul de tes commandements, et tu ne m’as jamais donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis ; et quand ton fils que voilà revient, après avoir dévoré tes ressources avec des débauchées, tu tues pour lui le veau gras ! » Son père lui dit : « Mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi, mais il fallait se réjouir et rendre grâce, car ton frère que voici était mort et il est vivant ; il était perdu et il est retrouvé ! »

Catéchèse : le Carême pour se libérer ; la parabole des deux fils et la prière de saint Ephrem
1. Penser aux différentes formes de dépendance (nourriture, sexualité, TV, préjugés, bavardage, confort, plaisir, passions, etc.). De quoi le Fils prodigue était-il dépendant ? (caprice, appétits, égoïsme, désobéissance, liberté illusoire, « enfantillage » du péché, selon st Irénée, « oisiveté et découragement », dit st Ephrem). De quoi le Fils aîné est-il dépendant ? (orgueil, jalousie, amour de soi, ingratitude, enfantillage de se croire des droits devant Dieu). Quelle expérience nos enfants et nous avons-nous de cela ? (la vie en famille, l’attitude réciproque des enfants et des parents, une attitude de consommateur, « consumérisme » matériel et spirituel, esprit de possession, « domination et parole facile », dit st Ephrem ; surtout l’attitude à l’égard de Dieu, ignorance de Dieu, etc.)
2. L’image de Dieu que révèle Jésus, Fils de Dieu: sa paternité (« notre Père… »), sa patience, son absence de jugement, sa générosité, sa miséricorde. Dieu est un père qui attend le retour de son enfant pour lui donner tout ce qu’Il a (le trésor de son Esprit). Il comble le cadet ? Parce qu’il ne prétend à rien (cf.le Publicain). L’aîné est-il privé de la joie du saint Esprit par orgueil, autojustification, suffisance (cf.le Pharisien). Dieu est « Seigneur », « Roi » et « Maître de notre vie » par sa tendresse paternelle.
3. Une image du repentir : « conversion », retournement, revirement, pénitence (conscience de sa pauvreté). La faim nous fait revenir : d’où l’importance du jeûne, acquisition de la faim de Dieu. La nostalgie de la familiarité paternelle : toute âme a connu l’amour de Dieu au Paradis. Le repentir est l’acquisition en plénitude de cet héritage à travers la conscience de la pauvreté.
4. Une image de la la condition humaine : le Fils prodigue c’est Adam ; il a tout perdu par désobéissance ; il retrouve tout par le repentir ; il découvre un père dont il n’avait pas conscience. Le Fils aîné aussi c’est Adam : par l’orgueil il tombe dans l’ingratitude. Suivant l’expression des Pères, le cadet tombe « par le bas » (l’amour du plaisir) ; l’aîné tombe « par le haut » (l’orgueil et la dureté de coeur). L’un et l’autre ignorent qu’ils ont un père. St Ephrem : « donne-moi de voir mes fautes (le cadet) et de ne pas juger mon frère » (l’aîné). Le projet : nous libérer en changeant de comportement et de mentalité, avec toute l’aide de l’Eglise en ce temps béni ! Regardons notre vie, intérieure et extérieure, au miroir du saint Evangile…. 

Dimanche 12 février

Dimanche 12 février 2006,  ton 1, dimanche du Publicain et du Pharisien

Tropaire de la Résurrection en ton 1 :
La pierre scellée par les Juifs,+ et ton corps très pur gardé par les soldats,/ Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, donnant la vie au monde.// C’est pourquoi les vertus célestes te crient : « ô Donateur de vie, gloire à ta résurrection !+ Gloire à ton royaume !/ Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »//

Tropaire(s) de l’église… Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion(a) de l’église… Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Kondakion du Triode, ton 4 :
Du Pharisien fuyons la jactance !+ du Publicain apprenons l’humilité+ et gémissons sur nos péchés,/ en disant au Sauveur : « Pardonne-nous, Seigneur, qui seul es indulgent ! »//

Prokimenon du ton 1 (Ps 32, 22 et 1, Septante) :
Que ta miséricorde, Seigneur, vienne sur nous,/comme nous avons mis en toi notre espérance !// V/ : Exultez, les justes, dans le Seigneur ! Aux hommes droits convient la louange !

Epître : 2 Timothée 3, 10-15
Toi, Timothée, mon enfant dans la Foi, tu m’as suivi dans mon enseignement, dans ma conduite et mes projets, dans la foi, la patience, dans l’amour du prochain et la constance, dans les persécutions et les souffrances qui me furent infligées à Antioche, à Iconium et à Lystres. Quelles persécutions n’ai-je pas eu à subir ! Et de toutes le Seigneur m’a délivré. D’ailleurs, tous ceux qui veulent vivre avec piété dans le Christ Jésus seront persécutés ; tandis que les méchants et les imposteurs feront toujours plus de progrès dans le mal, égarant les autres et s’égarant eux-mêmes. Mais toi, demeure ferme dans ce que tu as appris et en quoi tu as mis ta foi, sachant de quelles personnes tu l’a appris : car depuis l’enfance tu connais les saintes Ecritures qui peuvent te procurer la sagesse en vue du salut par la foi dans le Christ Jésus.

Alléluia du ton 1 (Ps 17, 48 et 51, Septante) :
Dieu m’accorde la revanche et me soumet les peuples !
- Dieu accomplit des merveilles pour le salut de son roi ; Il fait miséricorde à son Christ, à David et à sa descendance pour les siècles.

Evangile : Luc 18, 10-14
En ce temps-là, Jésus dit la parabole suivante.
Deux hommes montèrent au temple pour prier, l’un était pharisien et l’autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : « Ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres êtres humains, qui sont avides, injustes, adultères, ou bien comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et j’acquitte la dîme de tout ce que je possède. » Quant au publicain, se tenant à l’écart, il ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : « Ô, Dieu, sois favorable à moi, pécheur ! » Je vous le dis, ajouta Jésus, celui-ci descendit chez lui justifié, au contraire de celui-là, car qui s’élève sera abaissé, mais qui s’abaisse sera élevé.

Catéchèse : un enthousiasmant pré-Carême ! Les préparatifs pour le combat spirituel…
1) qu’est-ce qu’une parabole ? Ce qui nous est présenté aujourd’hui : une histoire à valeur symbolique et pédagogique. Jésus Christ, le Maître, enseigne de façon indirecte ; Il laisse place à l’Esprit qui fera voir à chacun en quoi l’anecdote le concerne. C’est différent des histoires vraies (l’aveugle, Zachée, la Cananéenne) des dimanches précédents, faits attestés par des témoins : leur valeur historique se prolonge dans le sens symbolique et mystique que l’Esprit nous révèle. Le récit véridique va de l’histoire  (« pour de vrai » !) au symbole : la parabole va du symbolique à notre chronologie et à notre vérité personnelles ;

2) la signification de cette parabole est donnée par le Synaxaire (exposé du contenu des fêtes) au début du Triode (volume liturgique utilisé par l’Orthodoxie pour le grand Carême). La « fête » du Publicain et du Pharisien, comme celles des deux prochains dimanches, a été « conçue par les saints Pères comme une préparation et un entraînement, afin que nous soyons préparés et prédisposés aux combats spirituels du Carême, en renonçant à nos habitudes mauvaises ». Nos saints Pères nous proposent la parabole de ce jour « pour acquérir le repentir et l’humilité et ils nous mettent en garde contre le plus grand obstacle (au salut) : la prétention et la vanité ». C’est par l’orgueil que Satan « devint ténèbres » et qu’Adam perdit le Paradis. « Le Seigneur résiste aux orgueilleux, mais Il accorde aux humbles sa grâce. Il vaut mieux se repentir après avoir péché que s’enorgueillir d’avoir fait ce qui est juste ». Humble, celui qui sait n’avoir droit à rien. L’humilité est la porte du Paradis !

3) le psaume 33 peut nous aider : il est lu à l’issue de chaque célébration de la divine liturgie, notamment en semaine après l’office des Présanctifiés. Nous y chercherons avec bonheur la correspondance avec les textes (épître et évangile de ce jour) : il pourra nous accompagner pendant tout le Carême. Pourquoi ne pas, nous et nos enfants, l’apprendre par cœur ?

4) que signifie dans l’évangile de ce jour : « être justifié » ? On peut traduire « considéré comme juste » ou « traité avec justice ». Le premier sens se retrouve chez saint Paul qui parle de « la justice qui vient de Dieu et s’appuie sur la Foi » (Ph.3, 9). Le pharisien se croit juste parce qu’il suit la loi de Dieu ; il compte sur ses propres mérites, mais est perdu par l’orgueil. Le publicain gagne sur les impôts que paye son peuple à l’occupant ; quel mérite aurait-il ? Mais il est « considéré comme juste » parce qu’il met toute sa foi dans la mséricorde de Dieu. Cette foi absolue et en Dieu seul, en une grâce qui accomplit la Loi, fait de lui un juste, la conviction de son indignité le rend digne de l’amour de Dieu. Au dernier jour, « nous entendrons le Verbe : Approchez, dira-t-Il, approchez, vous aussi les ivrognes, approchez, les faibles créatures éhontées ! (…) Et alors vers lui se tourneront les intelligents et ils s’écrieront : Seigneur ! Pourquoi reçois-Tu ceux-là ? Et Lui dira : Je les reçois, ô sages, je les reçois, ô vous intelligents, parce qu’aucun d’eux ne s’est jamais cru digne de cette faveur. Et Il nous tendra ses bras divins et nous nous y précipiterons... et nous comprendrons tout...» (Dostoïevsky, Crime et châtiment).

5) l’autre sens, « traité avec justice », veut dire recevoir ce que l’on mérite. Par ses œuvres on peut mériter le châtiment. Mais par l’humilité, à l’image de celle du publicain, on peut être gratuitement gratifié du salaire de la grâce. « Traité avec justice » est celui qui se montre capable de jouir de la grâce du saint Esprit que le Père, au Nom de son Fils Jésus Christ, a préparé pour tous les humains. Injuste devant les humains, le publicain est « traité avec justice » : sa foi est rétribuée par la grâce.

6) l’idéal serait d’avoir à la fois le respect des commandements du pharisien et la foi du publicain : que le Seigneur nous accorde l’un et l’autre ! Sachons que ce qu’Il veut, le but de son sacrifice sur la Croix et de sa glorieuse Résurrection, c’est que les êtres humains puissent vivre selon l’Esprit qui est Seigneur... Faire la volonté de Dieu c’est accomplir ses commandements et, brisant nos cœurs dans le repentir, ouvrir la porte de son amour ! Faire sa volonté c’est chercher son Esprit, tendre, pour couronner la mort et la résurrection, à la Pentecôte personnelle !