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Samedi 25 mars et dimanche 26 mars

Samedi 25 mars 2006, solennité de l’Annonciation

Antiennes propres en ton occurrent, au lieu des typiques : divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Antienne 1 : 1. O Dieu, donne au Roi ton jugement, au fils du Roi ta justice.
Refrain : Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !
2. Montagnes, apportez la paix au peuple et vous, collines, la justice. Refrain
3. Annoncez, jour après jour, le salut de notre Dieu ! Refrain
4. C’est le fruit de tes entrailles que Je mettrai sur le trône fait pour toi. Refrain
Gloire… et maintenant… Refrain

Antienne 2 : 1. Il descendra comme la pluie sur la toison, comme l’ondée qui arrose la terre.
Refrain : Sauve-nous, ô Fils de Dieu, Toi qui pour nous t’es incarné ! Nous te chantons : Alléluia !
2. Ses flots réjouissent la ville de Dieu, le Très-Haut sanctifie le lieu de son séjour. Refrain
3. Qu’Il vienne, notre Dieu, et qu’Il rompe le silence ! Refrain
4. En ses jours, fleuriront la justice et la grande paix jusqu’à la fin des lunes. Refrain
Gloire… et maintenant… Fils unique et Verbe de Dieu…

Antienne 3 : 1. Que son Nom soit béni dans les siècles ! Qu’il dure comme l’éclat du soleil !
Refrain : le tropaire « Aujourd’hui, c’est le commencement de notre salut… »
2. Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui seul fait des merveilles ! Refrain
3. Béni soit à jamais son Nom de gloire, dans les siècles des siècles ! Refrain
Gloire… et maintenant… Refrain

Isodikon : Annoncez de jour en jour la bonne nouvelle de son salut ! Sauve-nous, ô Fils de Dieu, Toi qui pour nous t’es incarné ! Nous te chantons : Alléluia !

Tropaire en ton 1 (3 fois) : Aujourd’hui, c’est le commencement de notre salut et la manifestation du mystère prééternel. Le Fils de Dieu devient le Fils de la Vierge, et Gabriel annonce la grâce. Crions donc avec lui à la Mère de Dieu : « Réjouis-toi, Pleine de grâce ! Le Seigneur est avec toi ! »
Gloire… et maintenant…

Kondakion en ton 8 : Que retentisse nos accents de victoire en ton honneur, invincible Reine,+ toi qui nous sauves des périls du combat,/ Mère de Dieu, Vierge souveraine !// Vers toi montent nos louanges,/ nos chants d’action de grâce.// De ton bras puissant dresse autour de nous le plus solide des remparts, sauve-nous de tout danger,+ hâte-toi de secourir les fidèles qui te chantent:/ « Réjouis-toi, Epouse inépousée ! »//

Prokiménon en ton 4 (Ps. 95, 2 et 1) : Annoncez de jour en jour/ la bonne nouvelle de son salut !// V/ : Chantez au Seigneur un cantique nouveau ! Chantez au Seigneur, toute la terre !

Epître : Hébreux 2, 11-18
Frères, le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C’est pourquoi il ne rougit pas de les nommer « frères » quand Il dit : « J’annoncerai ton Nom à mes frères, au milieu de l’assemblée Je te louerai » et encore : « Je mettrai ma confiance en lui » et encore : « Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés ». Puis donc que les enfants avaient en commun le sang et la chair, Lui-même y participa pareillement, afin de réduire à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le Diable, et d’affranchir tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la peur de la mort. Car ce n’est pas à des anges, assurément, qu’Il vient en aide, mais à la race d’Abraham. En conséquence Il se devait de ressembler en tout à ses frères, afin de devenir dans le service de Dieu un grand-prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple. Car, du fait qu’Il a Lui-même souffert par l’épreuve, Il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés.

Alléluia en ton 1 (Ps. 71, 6 et 17) : Il descendra comme la rosée sur la toison, et comme la pluie qui pénètre la terre. V : Que son Nom soit béni éternellement ! Son Nom demeurera autant que le soleil !

Evangile : Luc 1, 24-38
En ce temps-là, après les jours de service du prêtre  Zacharie, Elisabeth, sa femme, conçut et, cinq mois durant, se tint cachée. « Voilà, disait-elle, ce qu’a fait pour moi le Seigneur, aux jours où, pour ôter mon opprobre parmi les humains, Il a posé sur moi son regard ! » Et, le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de cette vierge : Marie! L’ange entra et lui dit : « Rends grâce, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ; tu es bénie entre les femmes ! » Bouleversée par sa vue et sa parole, Marie se demandait quelle était cette salutation. Mais l’ange lui dit : « N’aie pas peur, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici : tu seras enceinte et tu enfanteras un fils, et tu l’appelleras du Nom de Jésus. Il sera grand, Il sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il règnera pour les siècles sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ». Marie dit à l’ange : « Comment cela sera-t-il, car je ne connais point d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit saint viendra sur toi, et de son ombre te couvrira la puissance du Très-Haut. Aussi, le saint que tu engendreras sera appelé Fils de Dieu. Et vois : ta parente Elisabeth vient, elle aussi, dans sa vieillesse, de concevoir un fils, et ceci est le sixième mois pour celle qu’on appelait la Stérile : car rien n’est impossible de la part de Dieu ! » Marie dit alors : « Voici l’esclave du Seigneur ! Qu’il m’advienne selon ta parole ! » Et l’ange la quitta.

Mégalynaire en ton 4 : Annoncez sur la terre une grande joie et chantez dans les cieux, célébrez la gloire de Dieu ! Que de l’Arche vivante de Dieu aucune main profane n’ose s’approcher, mais que nos lèvres fidèlement ne se lassent pas de chanter pour la Mère de Dieu l’angélique salutation, dans l’allégresse lui criant : « Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ! »

Koinonikon (Ps. 131) en t. occ.: Car le Seigneur a choisi Sion ; Il l’a élue pour demeure : Alléluia !

Catéchèse : l’événement historique de l’Incarnation, humanisation de Dieu. Dans sa personne divine le Verbe unit la nature divine et la nature humaine : Fils de Dieu et Fils de l’Homme ; conception humaine du Seigneur par Marie. Fête trinitaire : le Père conçoit, le Fils est conçu, l’Esprit accomplit la conception. Pour nous : l’identité de Jésus, l’énergie de l’Esprit ; de cet Esprit, nous sommes au baptême engendrés par le Père pour être des dieux par grâce – déifiés comme Dieu s’est humanifié. Contenu du Carême : par notre conversion, répondre à l’Incarnation ; communier avec larmes à la chair et au sang du Dieu-Homme ; rayonner autour de nous (famille, société, création) cette vie divino humaine, l’humanité nouvelle dont le monde a besoin ; témoigner de l’expérience réelle de Dieu.

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Comment lire la parole, comment se nourrir de la parole

Première partie: Catéchèse du 1er mars 2006.

La vénération de la Parole : Evangile et Bible : seul l’Evangile est sur l’autel, pourquoi ?
l’Evangile, « saint Evangile », icône scripturaire du Verbe
Gestes de vénération : prosternation, station debout, baiser, encensement, prise de l’Evangile avec crainte, procession, ostentation, la proclamation à matines).

Lutter contre la sécularisation de la Parole
L’Evangile n’est pas un livre-objet mais un livre-icône (couverture ornementée). C’est la loi nouvelle (Thorah), mais on vénère le Donateur plus encore que le don, Il le transcende, les chrétiens ne sont pas des « gens du livre ». Oralité

Jésus est en personne la parole divine incarnée (jean 10 36 38)
Présence de la Parole ou Verbe (Logos : raison, pensée, parole…)
La Parole parle et agit : Parole (hypostase du Logos) et paroles (logoi)

La Parole-nourriture
La Parole se donne en nourriture : Jean 5 ; Matt 4, 3 ; Dt 8, 3, le Notre-Père
En Carême changement d’alimentation : le Christ n’a pas enseigné la non alimentation, Il a donné la Parole, c’est-à-dire lui-même en nourriture (cf. aussi : « ma nourriture c’est de faire la volonté de mon Père » (Jean 4, 34), se nourrir de la Parole c’est donc également faire, mettre en pratique cette parole)
Faire l’expérience de remplacer un repas par la l’écoute de la Parole
Les méthodes
- assimilation (« lecture divine », écoute et manducation liturgique, les deux parties de la divine liturgie, mémorisation)

L’intelligence de la Parole
Parole et Esprit : la Parole parle et s’incarne de l’Esprit; l’Esprit interprète et incarne, accomplit : sens, vérité, signification ; transfiguration, action
La communauté ecclésiale est remplie du saint Esprit donc capable d’écouter la Parole, de la garder et d’en avoir l’intelligence « pneumatique »

Le Christ a un enseignement sur cette interprétation : scruter les Ecritures Jean 5, 39-46 ; Luc 24, 32 ; Il donne l’exemple en interprétant la parabole du Semeur ; Il interprète la Bible après la Résurrection aux pèlerins d’Emmaüs ; autre exemple, celui de saint Philippe et de l’eunuque ;

Les méthodes
- exégèse : méthode (degrés de lecture, rigueur de l’analyse littéraire, connaissance du contexte historique et des langues)

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deuxième partie: Catéchèse à Louveciennes le 22 mars 2006

I. Rappel : la sainteté de la Parole, icône scripturaire du Verbe, le Fils de Dieu incarné

- « présence réelle », le seul Evangile sur l’autel ou au centre de la nef, Evangile-Icône
- la vénération : prosternation, baiser, offrandes (lumière, encens), attitude religieuse
- la prière : le fidèle parle à son Seigneur invisiblement présent, visiblement dans l’Icône, l’Evangile, la Croix, la communauté des baptisés, les saints mystères, éminemment l’Eucharistie…
- se mettre en présence (silence intérieur et extérieur) : le Seigneur est là, Il t’appelle, Il t’écoute, Il veut parler à ton cœur, cf. év. de dimanche dernier, Marc 2, 1-12 : « Il leur disait la Parole… »
- apprendre à respecter la présence (enfants, parents…), la « crainte » de Dieu
- dans l’Evangile le Seigneur parle (à son Père, à ses disciples, à ses ennemis…) ; on parle de lui ; on lui parle
- surtout : puissance divine (divino humaine) de sa présence : lire, c’est se mettre en présence, se nourrir de la présence, laisser la présence agir miraculeusement (ce n’est pas de la magie, c’est la foi dans la puissance de Dieu !). Le saint Evangile, comme l’Icône, la Croix, est appliqué aux malades, la prière parle de la puissance de Dieu (cf. prière dans l’office de l’Onction)

II. Comment lire ?

- rappel : la méthode de base est toujours la méthode antiphonée (alternance d’écoute et de prononciation ou de chant) ; l’important c’est d’écouter ; lire en écoutant (Ecoute, Israël !) : on écoute dans un espace et un temps, et les sens participent (ouïe, vue, odorat, toucher, goût ?)
- quel texte ? P. ex. celui de la TOB ; avoir un volume recouvert et portant l’Icône ou la Croix ; lecture continue ou suivant le calendrier liturgique, ou en laissant le livre s’ouvrir (Esprit)
- position : debout ou à genoux (= debout petit…) – sauf impératif !
- lecture priante : à haute ou moyenne voix, de façon audible, pour écouter, pour laisser sa place à l’Esprit saint ; si l’on doit lire à voix basse que ce soit en écoutant
- lecture orientée (espace): vers le Christ (Icône, Orient, Croix, l’autel…)
- tester le ton de la voix : douceur (chercher son cœur), sobriété, naturel, écho du silence, pauses (respirations) pour écouter ce qu’on a lu et ce qu’on va lire (Esprit) ; lire rigoureusement recto tono  pour écouter (Esprit), à vitesse moyenne
- seul ou en communauté (quand vous êtes 2 ou 3 réunis en mon Nom…), à l’église, à la maison (avec les enfants s.v.p. !), où l’on veut (en voiture, dans la nature, etc.)
- lumière, encens (honore la présence invisible, le Seigneur qui est là), icônes
- une personne lit, les autres écoutent ; on peut lire à tour de rôle (cf. psaumes ou chapelet). - commencer par les prières initiales et, après le Notre-Père et les tropaires (éventuellement), le psaume 142 ou le psaume 50, « Gloire… et maintenant… » Kyrie (3 f.) et la prière suivante :

« Fais luire dans nos cœurs la pure lumière de ta divine connaissance, ô Seigneur, Ami des hommes, et ouvre les yeux de notre intelligence pour que notre esprit reçoive tes messages évangéliques. Mets en nous également la crainte de tes bienheureux commandements, pour que nous menions une vie selon l’Esprit, que nous foulions aux pieds tous les désirs charnels et ne pensions et n’agissions qu’à la seule fin de te plaire. Car Tu es l’illumination de nos âmes et de nos corps, ô Christ Dieu, et nous te rendons gloire avec ton Père éternel et ton Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen ! »

- (s’il y a un prêtre : « sagesse, debout », etc.) puis le titre : « lecture de l’Evangile selon saint N… / Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi ! » et la lecture ; à la fin on marque le point. Puis : « Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi ! »
- on peut ensuite dire « Gloire… et maintenant… » et une prière (pour les malades ou pour toute circonstance, comme dans l’office du Psautier) avec des noms. Puis les prières habituelles de clôture.
- s’il faut simplifier, garder « Par les prières de nos saints Pères… », « Roi céleste… », « Gloire… et maintenant… », Kyrie (3 f.), « Fais luire… », le titre, « gloire à toi… », la lecture, « Gloire à toi… » et « Par les prières de nos saints Pp. »

III. Quelle est la place de l’interprétation ?

- par ce qui précède, on voit qu’il s’agit d’être illuminé ; « comprendre », dans la prière, veut dire « recevoir à l’intérieur de son intellect » (katanoew ) et non réduire à des raisonnements humains : on a traduit « que notre esprit reçoive » ; il s’agit de s’ouvrir par le saint Esprit à la présence et au message du Christ
- l’interprétation ou exégèse est une préparation à la lecture priante et à l’action évangélique ; son but n’est pas d’élaborer une connaissance ; la connaissance, elle, est donnée dans l’union et la communion à la Parole ; celle-ci est un sujet, non un objet de connaissance : la Parole, c’est Quelqu’un ! Et Il veut nous illuminer, nous instruire Lui-même (cf. prière de vêpres « Tu es béni, Seigneur, enseigne-nous par tes commandements ! Tu es béni, Maître, instruis-nous par tes commandements ! Tu es bénis, Saint, illumine-nous par tes commandements ! »)

- la méthode des saints Pères se ramène à ceci :
° le respect du sens littéral (historique, etc.), premier degré
° la mise en valeur du sens théologique (identité de Jésus, place de l’Esprit, mystère de l’Eglise, etc.), deuxième degré
° la quête du sens mystique (ou moral), ce que la Parole signifie pour la personne et son expérience intime (prière, conversion, vision de son péché, engagement à telle ou telle pratique, relation personnelle avec le Seigneur…), troisième degré
- l’interprétation peut précéder la lecture (préparation, démarche catéchétique avec en vue la lecture, comme on prépare un office liturgique) ; elle peut suivre la lecture, pour formuler le projet qui découle de l’enseignement et des actes du Seigneur dans son saint Evangile, de la puissance de sa présence. Le Seigneur et Maître de ma vie nous a ou m’a parlé et voici ce qu’Il m’appelle à faire si je veux être son disciple…
- la « grille de lecture » est toujours le dogme de l’Eglise, ce que le Seigneur a révélé de lui-même à ses saints apôtres et qu’Il continue à révéler par le saint Esprit; on respecte la cohérence entre la Tradition de l’Eglise (orale, iconographique, ascétique, théologique, etc.), le texte lui-même (sachant qu’il n’est pas exhaustif, comme l’icône, il est une stylisation, une synthèse de l’événement), et le sentiment intérieur ou inspiration (l’Esprit saint agit toujours, Il régit l’Eglise et les membres de celle-ci, la lecture et l’intelligence de la Parole devraient être inspirées et prophétiques…)
- on utilise correspondances (cf. notes de la TOB ), données historiques, études, dictionnaires
- les limites de l’exégèse, notamment de l’exégèse scolaire ou universitaire (« scientifique »), sont : la réduction à la raison humaine seule, la transformation de la Parole en objet, la perte du sens religieux de la présence et de la gloire divine dans sa Parole, le traitement de Dieu comme une troisième personne, au lieu de le considérer comme un Je ou un Tu. En fait, c’est dans la relation interpersonnelle du Seigneur et de son disciple que se fait par le saint Esprit la révélation de la volonté du Père, enjeu de la lecture. Les sciences (langue, histoire) ont leur place instrumentale
- quelques conseils supplémentaire : situer le passage (avant, après) ; chercher les mots-clés ; étudier le vocabulaire (mots grecs, hébreux…) ; chercher le message principal, les messages secondaires ; se situer dans le temps liturgique ; comparer avec d’autres passages ; s’intéresser aux aspects littéraires (figures de style, sémitisme, rythmes, signes d’oralité…) ; lire une interprétation d’un saint Père (homélie de saint Jean Chrysostome p. ex.)
- la préparation personnelle : le jeûne et la prière, la rémission de ses péchés, se purifier pour Dieu et avant de lire et d’étudier sa Parole (dans le cas contraire on ne peut communier à la sagesse divine incluse dans sa Parole) – exégèse et ascèse

Conclusion : avoir le courage d’aborder la Parole avec la mentalité orthodoxe, qui est une démarche priante, mystique, mystagoqique, religieuse, fondée sur une théorie propre de la connaissance par illumination (ellamyis, fwtismos) et transfiguration (metamorfwsis) de la raison humaine et des sens corporels et psychiques par le saint Esprit. Lutter contre la sécularisation et la banalisation de la Parole (mais le saint Evangile est aussi le livre le plus familier, on l’a dans sa poche ou son sac ! Cela n’empêche pas de le respecter en tant qu’icône de Quelqu’un). Nous ne lisons par le saint Evangile pour y trouver une doctrine morale ou philosophique ; nous le lisons pour rencontrer la personne divine du Verbe incarné et communier à lui dans le saint Esprit et, par lui, à son Père qui est « notre Père ».

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Dimanche 19 mars

Dimanche 19 mars 2006,  ton 6, deuxième dimanche de Carême, mémoire de saint Grégoire Palamas

Tropaire de la Résurrection en ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, + les gardes pétrifiés de crainte, / Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; // Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. + Tu vas à la rencontre de la Vierge,/ Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !//

Tropaire(s) de l’église, puis de saint Grégoire Palamas en ton 8 : Luminaire de l’Orthodoxie et docteur de l’Eglise dont tu fus le ferme appui, + ornement des saints moines et rempart invincible des théologiens,+ saint Grégoire thaumaturge, gloire de Thessalonique, et de la grâce le héraut,/ intercède auprès de Dieu pour le salut de nos âmes !//

Gloire…, kondakion de l’église, Et maintenant…

Kondakion du Triode et de saint Grégoire Palamas en ton 8 : Comme l’instrument sacré de la sagesse,+ comme le brillant porte-voix de la science de Dieu,/ saint pontife Grégoire, nous te chantons !// Soumettant notre intelligence à celle du Créateur,+ conduis nos cœurs vers lui,/ pour que nous chantions : « Réjouis-toi, Prédicateur de la grâce ! »//

Prokiménon du ton 5 (Ps. 11, 8 et 2, trad. des Septante):
C’est toi, Seigneur, qui nous garderas, / qui nous préserveras pour l’éternité !//
V/ : Sauve-moi, Seigneur, car il n’y a plus de saint !

Epître : Hébreux 1, 10-2, 3 et 7, 26-8, 2 (notre traduction)
« Dans le principe, Seigneur, Tu as fondé la terre, et les cieux sont l’œuvre de tes mains. Ils périront, mais Toi, Tu demeures. Tous, ils vieilliront comme un vêtement et, comme on fait d’un vêtement, Tu les enrouleras ; tel un manteau, ils seront changés ; mais Toi, Tu restes le même, et tes années ne passeront point. » Et auquel des anges Dieu a-t-Il jamais dit : « Siège à ma droite, jusqu’à ce que Je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds » ? Les anges ne sont-ils pas tous des esprits officiants, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ? C’est pourquoi nous devons porter une plus grande attention aux enseignements que nous avons entendus, de peur d’être entraînés à la dérive. Car, si la parole annoncée par les anges a un effet, et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution, comment nous-mêmes échapperons-nous en négligeant pareil salut, qui, annoncé tout d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu ?
Frères, tel est précisément le pontife qu’il nous fallait : saint, innocent, immaculé, séparé désormais des pécheurs, élevé plus haut que les cieux ; un pontife qui n’ait pas besoin, comme les grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car cela, Il l’a fait une fois pour toutes lorsqu’en sacrifice Lui-même Il s’est offert. La loi de Moïse établit comme grands prêtres des êtres humains sujets à la faiblesse ; mais le serment de Dieu, prononcé après la Loi, établit comme grand prêtre le Fils, parfaitement accompli pour l’éternité. De ce qui vient d’être dit, le point capital est celui-ci : nous avons un pontife de telle nature qu’Il est assis à la droite du trône de la majesté divine, dans les cieux ; et là, Il accomplit son ministère, non plus dans le tabernacle dressé par les humains, mais dans le sanctuaire véritable érigé par le Seigneur.

Alléluia en ton 5 : (ps. 88, 2 et 3, trad. des Septante)
Tes miséricordes, Seigneur, éternellement je les chanterai ; de génération en génération ma bouche annoncera ta vérité ! - Car Tu as dit : « La miséricorde est un édifice éternel. » Dans les cieux est préparée ta vérité.

Evangile : Marc 2, 1-12 et Jean 10, 9-16
En ce temps-là, Jésus rentra à Capharnaüm quelques jours après la guérison d’un lépreux. On apprit qu’Il était chez lui, et l’on s’y rassembla en si grand nombre qu’il n’y avait plus de place, même devant la porte ; et Jésus leur disait la Parole. On vint lui amener un paralytique porté par quatre hommes ; comme ceux-ci ne pouvaient pas le lui présenter à cause de la foule, ils découvrirent le toit au-dessus de l’endroit où se trouvait Jésus, firent une ouverture et descendirent le grabat où gisait le paralytique. Voyant leur foi, Jésus dit au paralytique : « Mon fils, tes péchés te sont remis. » Or il y avait là, assis, quelques scribes, et ils pensaient en leur cœur : « Comment celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème ! Qui a le pouvoir de remettre les péchés, si ce n’est Dieu ? » Connaissant aussitôt en Esprit ce qu’ils disaient en eux-mêmes, Jésus leur dit : « Pourquoi une telle pensée dans vos coeurs ? Qu’est-ce qui est le plus facile, dire au paralytique « tes péchés te sont remis » ou dire « lève-toi et marche » ? Afin que vous sachiez que le Fils de l’Homme a le pouvoir sur terre de remettre les péchés, Je te le dis, dit-Il au paralytique : Lève-toi, prends ton grabat et rentre chez toi ! » Celui-ci se leva et, aussitôt, prenant son grabat, il sortit devant tout le monde, si bien que tous étaient stupéfaits, louaient Dieu et disaient : « Jamais nous n’avons vu quelque chose de semblable ! »
En ce temps-là, Jésus dit : « Moi, Je suis la Porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il ira et viendra et trouvera pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, Je suis le bon berger ; le bon berger offre sa vie pour les brebis. Le mercenaire, qui n’est pas le berger, à qui n’appartiennent pas les brebis, dès qu’il voit venir le loup, abandonne les brebis et s’enfuit, et le loup les attrape et les disperse. Le mercenaire s’enfuit parce qu’il est mercenaire et n’a pas souci des brebis. Moi, Je suis Le Berger, le bon, et Je connais les miens et les miens me connaissent, comme le Père me connaît et que, Moi, Je connais le Père ; et J’offre ma vie pour les brebis. Mais J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là, il faut que Je les conduise : elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger. »

Mégalynaire : En toi se réjouit toute la création… (cf. dimanche dernier)

Koinonikon : du dimanche (« Louez… ») et du saint (Ps.111) : « Le juste sera en mémoire éternelle : il ne craindra pas d’entendre de parole de malédiction : Alléluia ! en ton occurrent, i.-e. ton 6.

Catéchèse : 2ème dimanche de Carême, fête de saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique (Grèce, 14ème s.) qui reformula l’expérience traditionnelle de la grâce non créée (« grâce » ou « énergie » incréée), qui déifie (ou « divinise ») le chrétien faisant la volonté du Père (accomplissant les commandements). Le but de la vie humaine est de connaître Dieu en étant assimilé à lui, en lui ressemblant (cf. la Mère de Dieu et tous les saints). On peut connaître le Seigneur en devenant par grâce ce qu’Il est par nature. L’enjeu du Carême : sanctification de notre vie, expérience de la lumière divine (incréée) après le repentir, rayonnement de l’amour de Dieu autour de nous (Eglise, société, création). Jésus Christ est mort et ressuscité pour que l’Esprit puisse entraîner l’humanité dans cette expérience si actuelle : Il s’est humanisé pour que l’être humain puisse être divinisé, tel est le message des saints apôtres et de l’Eglise : c’est là le « Salut ».

Concert au profit du monastère de Bussy

DIMANCHE  26  MARS  a  16 heures

En l'église Saint-Etienne-du-Mont, 1, pl.Ste-Geneviève Paris 5° (métro Maubert-Mutualité, Luxembourg),

Chants liturgiques orthodoxes, choeur de l'église Saint-Serge de Paris (dir.Nicolas Ossorguine)

Informations paroissiales mars 2006

Mercredi 15 mars, anniversaire de l’ordination (chirotonie) épiscopale de Mgr Joseph.
A 19 h 00 divine liturgie des Présanctifiés et litie des défunts pour Cécile Bertrand-Hardy. A 20 h 45, réunion du Conseil paroissial (travaux, vie de la Paroisse pendant le Carême, projets enfants, etc.)

Vendredi 17 mars de 19 h 00 à 20 h 15, acathiste à la Mère de Dieu.

Samedi 18 mars, samedi des défunts, à 18 h 00, office pour tous les défunts ; à 19 h 00 vêpres du 2ème dimanche de Carême ; à 20 h 30, mémorisation de l’Evangile (2ème séance). Ce samedi matin, la divine liturgie pontificale sera présidée par Mgr Joseph dans la paroisse Saint-Martin-sainte-Geneviève à Paris, ce sera la prière du 40ème jour pour Père Jacques Nyssen.

Dimanche 19 mars, 2ème dimanche de Carême. Mgr Joseph ordonnera un prêtre (le diacre Eugen Dedu, paroisse de Besançon) dans la paroisse Sainte-Parascève (Saint-Sulpice)

Mercredi 22 mars, à 19 h 00, divine liturgie des Présanctifiés ; à 20 h 30, catéchèse autour de la Parole : « Comment lire le saint Evangile », le texte sera celui du 3ème dimanche de Carême : Marc 8, 34-38.

Vendredi 24 mars, à 19 h 00, grandes complies avec acatiste à la mère de Dieu

Samedi 25 mars, à 9 h 45, solennité de l’Ascension : matines et divine liturgie selon saint Jean Chrysostome (vous vous rappelez que nous prenons poisson, vin et huile pour cette fête !); à 19 h 00, vêpres du 3ème dimanche

Dimanche 26 mars, 3ème dimanche de Carême, vénération de la sainte Croix, et après-fête de l’Annonciation. Ce sera également la fête patronale de notre monastère de Rosiers.

Dimanche 12 mars

Dimanche 12 mars 2006,  ton 5,
Dimanche de l’Orthodoxie, fête des saintes icônes et mémoire des prophètes Moïse, Aaron et Samuel

Tropaire de la Résurrection en ton 5 : Fidèles, chantons et adorons le Verbe/ coéternel au Père et à l’Esprit.// Il est né de la Vierge pour notre salut, + Il a daigné dans sa chair monter sur la Croix et supporter la mort, / afin de ressusciter les morts par sa glorieuse Résurrection.//

Tropaire du Triode en ton 2 : Devant ton image très pure nous nous prosternons, ô Dieu de bonté,+ demandant le pardon de nos péchés, ô Christ Dieu,/ car Tu as daigné  monter librement sur la Croix dans ta chair afin de délivrer de la servitude de l’Ennemi ceux que Tu as créés .// C’est pourquoi nous te rendons grâces en nous écriant:/ « Tu as rempli toute chose de joie, ô notre Sauveur, venu pour le salut du monde ! »//

Gloire… et maintenant…

Kondakion du Triode en ton 8 : Le Verbe de Dieu, que l’univers ne peut contenir+ se laisse circonscrire en s’incarnant de toi, ô Mère de Dieu,/ et restaure l’antique image souillée par le péché en lui ajoutant sa divine beauté.// Confessant le salut en parole et en action,/ restaurons nous aussi notre ressemblance avec Dieu.//

Prokimenon en ton 4 (cantique de Daniel):
Béni es-Tu, Seigneur, Dieu de nos Pères !/ Ton Nom est loué et exalté dans tous les siècles !//
V/ : Car Tu es juste en tout ce que Tu as fait pour nous ; toutes tes œuvres sont vérité.

Epître : Hébreux 11, 24-26, 32-40
Frères, c’est par la foi que Moïse, « devenu grand », refusa d’être fils d’une fille de Pharaon, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que de connaître l’éphémère jouissance du péché : tel un bien supérieur aux trésors de l’Egypte lui parut « l’opprobre du Christ », car il avait les yeux fixés sur la récompense.
Que dire encore ? Le temps me manquerait si je voulais exposer en détail ce qui concerne Gédéon, Barak, Samson, Jephté, David, ainsi que Samuel et les prophètes, eux qui, grâce à la foi, soumirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent l’accomplissement des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la violence du feu, échappèrent au tranchant du glaive, tirèrent force de leur faiblesse, montrèrent de la vaillance au combat, repoussèrent les invasions étrangères ; et des femmes ont recouvré, par la résurrection, leurs enfants.
Quant aux autres, ils se sont laissé torturer, refusant leur délivrance afin d’obtenir une meilleure résurrection. D’autres subirent comme épreuve la dérision et les coups de fouet, ainsi que les chaînes et la prison. Ils ont été lapidés, sciés, ils ont péri par le glaive, ils sont allés çà et là, sous des peaux de mouton ou des toisons de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, eux dont le monde était indigne, errant dans les déserts, les montagnes, les cavernes et les creux de la terre. Et, bien que leur foi leur ait valu un bon témoignage, tous ceux-là n’ont pas bénéficié de la promesse, car Dieu avait prévu pour nous un sort meilleur, afin qu’ils ne puissent pas sans nous parvenir à la perfection.

Alléluia du ton 8 (Ps.98, 6, trad. des Septante) :
Moïse et Aaron étaient parmi ses prêtres, et Samuel parmi ceux qui invoquaient son Nom.
V/ : Ils invoquaient le Seigneur, et Il les exauçait.

Evangile : Jean 1, 44-52 (n.trad.)
En ce temps-là, le lendemain du jour où Jésus avait appelé Simon Pierre, Il voulut se rendre en Galilée : Il rencontre Philippe. Jésus lui dit : « Suis-moi ! » Philippe était de Bethsaïde, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : « Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l’avons trouvé, c’est Jésus, le fils de Joseph de Nazareth. Et Nathanaël lui dit : « De Nazareth peut-il y avoir quelque chose de bon ? » Philippe lui dit : « Viens et vois ! » Jésus vit Nathanaël venir vers lui et Il dit de lui : « Voici vraiment un Israélite en lequel il n’y a pas de ruse. » Nathanaël lui dit : « D’où me connais-Tu ? » Jésus lui répondit : « Avant que Philippe ne t’appelât, quand tu étais sous le figuier, Je t’ai vu. » Nathanaël lui répondit : « Rabbi, Tu es le Fils de Dieu, Tu es le roi d’Israël ! » Jésus lui dit en réponse : « Parce que Je t’ai dit que Je t’ai vu sous le figuier, tu as la Foi ? Tu verras bien plus que cela ! » Et Il lui dit : « Amen ! Amen ! Je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’Homme ! »

Mégalynaire : En toi se réjouit toute la création, Ô Pleine de grâce, l’assemblée angélique et la race humaine ! Temple sanctifié, Paradis spirituel, Louange virginale ! De toi Dieu s’est incarné et devint petit enfant, Lui, notre Dieu avant les siècles ! Il fit de tes entrailles son trône et rendit ton sein plus vaste que les cieux. En toi se réjouit toute la création : Gloire à toi !

Koinonikon : du dimanche (« Louez… ») et des saints prophètes (Ps. 32) : « Exultez, les justes, dans le Seigneur ! Aux hommes droits convient la louange : Alléluia !» en ton occurrent, ton 5.

Catéchèse : la dimension festive du saint Carême, des larmes du repentir aux larmes de joie
Chaque semaine de Carême s’accomplit dans une fête, on change les couleurs du pourpre à l’or le vendredi soir, on prend de l’huile et du vin, on célèbre la Résurrection et un fait glorieux chaque fois. Le but du Carême est l’acquisition de la liberté et de la joie ; Dieu nous appelle à évoluer du deuil à la liesse, des ténèbres du péché à la connaissance lumineuse de lui-même comme amour absolu : d’où l’importance du pardon (remise des dettes) mutuel qui libère le prochain et nous-mêmes. Les saints que nous montrent les icônes sont des humains évolués, accomplis, libérés, « ressemblants à Dieu » !
La fête de l’Orthodoxie rappelle que la vénération des icônes est normative pour la foi chrétienne: l’icône atteste l’Incarnation de la Parole. A travers le visible et le sensible, le croyant perçoit dans le saint Esprit le Christ, les saints et les fêtes que l’image montre. L’icône, (et l’Evangile, la Croix, les sacrements, l’« assemblée de Foi et de prière des baptisés» ou « Eglise »), signifie la présence. Le baiser liturgique donné à l’icône (et le baiser fraternel) est adressé au Christ invisiblement présent. L’Evangile lui-même est vénéré comme icône scripturaire du Verbe, équivalente de l’icône peinte.
Le sens mystique de la Fête est le renouvellement de l’empreinte de l’image divine dans le cœur de chaque fidèle par la conversion, le jeûne, la prière, l’aumône, l’hospitalité - l’accomplissement des saints commandements : c’est le banquet du Fils prodigue, que le Père accueille comme vraie image de lui-même, par la célébration et l’allégresse. La joie chrétienne n’est autre que la joie du Père céleste. L’ensemble du Carême se conçoit comme la préparation à célébrer la Résurrection. Mais cela correspond à une réelle expérience personnelle de changement intérieur, restaurant une relation vraie avec le Seigneur, à l’image de Nathanaël, « don de Dieu », qui se donne à Dieu et à qui Dieu se donne.

Prière de Saint Ephrem le Syrien

Prière qui accompagne le Grand Carême
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Seigneur et Maître de ma vie !

L’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination et de parole facile : éloigne de moi !

On fait une prosternation

L’esprit de pureté, d’humilité, de patience et de charité :
donne à ton serviteur (à ta servante) !

On fait une prosternation

Oui, Seigneur et Roi : donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère…

Car Tu es béni dans les siècles : Amen !  On fait une prosternation

Ensuite on dit trois fois en s’inclinant jusqu’à terre :

O Dieu, aie pitié de moi, pécheur !
O Dieu, purifie-moi, pécheur !
O Dieu, mon créateur, sauve-moi !
Mes péchés sont innombrables, pardonne-moi !

Et l’on redit la prière « Seigneur et Maître de ma vie » en entier en se prosternant à la fin.

Que le Seigneur nous aide à prier de tout notre cœur ! 

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Pour demander la force de pardonner

Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, Toi qui as été humilié, insulté, frappé, condamné injustement et finalement exécuté en étant mis sur la Croix ;

Toi le seul Innocent qui as prié pour tes bourreaux, pour ceux qui t’avaient livré et fait condamner injustement, en disant : « Père, pardonne-leur ! Ils ne savent pas ce qu’ils font ! » ;

Toi-même, ô Seigneur d’amour humilié et glorifié sur la Croix, change nos (mon) cœur(s) par la grâce du saint Esprit ! Selon les prières de ta Mère très pure, la Vierge Marie, purifie-nous (moi) de l’esprit de vengeance ! Donne-nous (moi) la force et la grâce de pardonner à ceux qui nous (m’) ont offensé(s) et humilié(s) ainsi qu’à ceux qui ont fait du mal à nos (mes) proches. Car Toi-même Tu nous as enseigné à aimer et à bénir nos ennemis et ceux qui nous persécutent.

A toi la gloire, ô Amour ineffable, avec ton Père et ton Esprit saint, dans les siècles des siècles. Amen !

DImanche 5 mars

Dimanche 5 mars 2006,  ton 4,
Le Paradis perdu; dimanche du Pardon (dernier jour des laitages et des oeufs)

Tropaire de la Résurrection en ton 4 :
Les femmes disciples du Seigneur,+ ayant appris des anges la prédication lumineuse de la Résurrection, et le terme de l’ancestrale condamnation,/ louent Dieu, disant aux apôtres : « Renversée est la mort !// Le Christ est ressuscité,/ donnant au monde sa grande miséricorde ! »//

Tropaire(s) de l’église… Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion(a) de l’église… Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Kondakion du Triode, ton 6 (notre traduction) :
Initiateur en sagesse et Guide en intelligence,+ Pédagogue des égarés,+ Protecteur des pauvres,/ fortifie et instruis mon cœur, ô Maître !/ Accorde-moi la parole, ô Parole du Père,/ car je ne puis retenir mes lèvres de te crier : « Ô Miséricordieux, fais-moi miséricorde, à moi qui me suis trompé! »//

Prokimenon du Triode en ton 8 (Ps 75, 12 et 2, trad. des Septante):
Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur notre Dieu ! // V/ : Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand!

Epître : Romains 13, 11-14 ; 14, 1-4 (notre traduction)
Frères, vous savez en quelle circonstance favorable nous sommes : voici l’heure de vous lever du sommeil ; en effet le salut est désormais plus près de nous que lorsque la foi nous fut donnée. La nuit s’avance, le jour est proche. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. Comme en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d’enivrement, pas de mollesse ni de mœurs relâchées, pas de querelles ni de rivalités. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ, et n’accomplissez pas les projets de la chair pour en satisfaire les convoitises. Envers celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants, sans vouloir discuter des opinions. Tel a confiance qu’il peut manger de tout, tel autre, par faiblesse, se nourrit de légumes. Que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange, puisque Dieu l’a accueilli. Toi, qui es-tu, qui juge le serviteur d’autrui ? Qu’il demeure ferme ou qu’il tombe, c’est l’affaire de son maître. D’ailleurs il restera ferme, car le Seigneur a le pouvoir de le soutenir.

Alléluia du Triode en ton 4 : (Ps 91, 2 et 3, trad. des Septante) :
Il est bon de confesser le Seigneur, et de chanter pour ton Nom, Très-Haut !
- pour annoncer au matin ta miséricorde, et ta vérité durant la nuit !
Evangile : Matthieu 6, 14-21 (n. trad.)
En ce temps-là, le Seigneur dit : « Si vous pardonnez leurs fautes aux humains, votre Père céleste vous pardonnera à vous aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux humains, votre Père ne vous pardonnera pas vos fautes.
Quand vous jeûnez, ne devenez pas comme les hypocrites à l’air triste : ils dissimulent leur visage pour apparaître aux humains comme jeûnant. Amen, Je vous le dis, ils ont reçu leur salaire. Toi, quand tu jeûnes, frotte-toi la tête d’huile et lave-toi le visage, pour paraître jeûner non devant les humains, mais devant ton Père qui est dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Ne vous amassez pas de trésors sur la terre où les vers et la corrosion les rongent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel où ni vers ni corrosion ne rongent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent : car là où est ton trésor, là sera également ton cœur. »

Catéchèse : le Carême, acquisition de la joie pascale, celle du « Vivant revenu de chez les morts »
L’évangile de ce jour comporte trois enseignements.
1. Le pardon (ou remise des dettes), commentaire du Notre-Père que Jésus vient d’apprendre à ses disciples (Matt 6, 9-13). Notre pardon conditionne le pardon de Dieu ! Pourtant le pardon est inconditionnel : mais si nous ne pardonnons pas, nous nous conditionnons nous-mêmes et nous conditionnons Dieu en nous fermant au pardon qu’Il nous donne. La rancune, le ressentiment, d’une manière générale le jugement, ferment la porte au Salut. C’est pourquoi, si nous ne pardonnons pas, nous ne pouvons nous approcher du Corps et du Sang précieux du Seigneur Jésus. Si nous le faisons, nous méprisons cette parole de Jésus lui-même. Le dimanche du Pardon, nous nous mettons à pardonner à ceux qui nous ont offensés, afin d’être pardonnés par Dieu de nos nombreux péchés et de participer à la Pâque du Seigneur. D’une certaine façon, nous sommes responsables de notre propre salut : à nous d’ouvrir la porte en pardonnant. Le pardon que nous accordons à ceux qui nous ont offensés est la clef de la liberté pour nous, pour le prochain, pour nos frères dans la société : cette clé donne également au Père céleste la liberté d’agir chez nous avec son Verbe et son Esprit. Ne nous opposons pas au salut ! Libérons nos familles, nos paroisses, nos Eglises et notre monde entier par le pardon, car le ressentiment, même non connu, pèse lourdement sur nos communautés et sur notre monde. Commençons ! Que chacun entende cet appel à l’initiative : l’enjeu est si enthousiasmant !
2. La vérité du jeûne (jeûne strict ou abstinence). Cette pratique universelle et ancienne doit être sans mensonge devant Dieu ; elle conduit à l’intimité avec le Père. Le croyant jeûne pour trouver le Père céleste. Cela définit le Carême : période de quête de la paternité divine (pensons à la parabole des deux fils). Le Christ est le Fils unique de Dieu venu dans le monde pour révéler le Père par l’Esprit saint. Et le jeûne, comme le pardon des offenses, est une clef qui ouvre la porte secrète du Père. En effet, le jeûne appartient au Fils : à son jeûne de quarante jours dans le désert, nous communions en jeûnant ; par son jeûne, son renoncement total sur la Croix et sa joie totale du troisième jour, Il nous montre le Père. Personnel, non individuel, le jeûne est ainsi ecclésial et communautaire. Il est saint…
3. L’ordre des valeurs : à quoi suis-je attaché ? De quoi suis-je dépendant ? A quoi suis-je prêt à sacrifier le reste ? Qu’est-ce qui est mon trésor : plaisir, argent, formalisme religieux, confort spirituel et matériel, péchés, erreurs, préjugés – ne suis-je pas à moi-même mon trésor ? Les saints Pères disent que l’amour de soi est la racine de tous les maux… Le Carême, un temps pour prendre goût à la vie en Dieu, pour apprendre à mettre son plaisir, sa force et son bonheur en lui : « goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ! », chante la divine liturgie des Présanctifiés. Que notre amour du plaisir trouve sa satisfaction dans l’accomplissement de la volonté divine ! Que notre amour de nous-mêmes s’efface devant l’amour que Dieu a pour nous ! Il nous aime plus que nous ne nous aimons : vérité vivante à découvrir… Préférons-le à tout : Il est si bon, si beau, si vrai ! Et nous saurons, par le saint Esprit, combien le Père nous préfère à lui-même ; comment le Fils sacrifie sa gloire par amour pour nous ! « Le don de l’abstinence est un trésor inépuisable, et celui qui l’acquiert thésaurise auprès de Dieu »…

La tradition de l’ABSTINENCE et du JEUNE pendant le Grand Carême

En 2006, la fête de Pâques sera célébrée par l’Eglise orthodoxe du monde entier dimanche 23 avril.

Dimanche 26 février, dimanche du Jugement dernier, sera le dernier jour de viande : en s’abstenant totalement de viande jusqu’à Pâques, les chrétiens marquent leur éloignement de toute forme de violence et leur solidarité avec le mode de vie paradisiaque. Nous prenons du poisson – aliment offert par le Christ à ses disciples après la Résurrection – seulement le 25 mars, fête de l’Annonciation, le dimanche des Rameaux (cette année le 16 avril) et dans le cas d’un jour de fête exceptionnelle. Nous recevrons la bénédiction pour prendre de la viande – l’agneau pascal - au début de l’agape pascale, en mémoire de la sortie du peuple hébreu d’Egypte.

Dimanche 5 mars, dimanche du Pardon, est le dernier jour des laitages : ces aliments – ainsi que les œufs -, signes caractéristiques de la fête et de la vie nouvelle dans le Royaume, nous serons offerts par le Seigneur dans l’Eglise, la nuit de la Résurrection et pendant tous le temps pascal.

Pendant le carême de Pâques, ou « Grand Carême », les chrétiens orthodoxes gardent donc la tradition ancestrale de ne consommer, sauf rare exception, aucune nourriture animale. En ce qui concerne l’huile et le vin, nous n’en prenons que le samedi et le dimanche, en signe de fête.

Nos pères spirituels insistent, non seulement sur le sens théologique de ce régime alimentaire, mais aussi sur le fait que l’abstinence et le jeûne ne portent de fruit spirituel qu’accompagnés d’une prière liturgique et solitaire plus intense, de la lecture de la parole de Dieu, de l’effort ascétique pour purifier notre vie de tout péché, ainsi que de l’aumône. A la purification corporelle joignons donc la purification de l’âme et de l’esprit par le repentir, et rien n’empêchera la grâce du saint Esprit d’habiter en nous.

Quand au jeûne proprement dit, certains, avec la bénédiction de leur père spirituel, s’abstiennent de toute nourriture jusqu’au soir, la semaine et surtout mercredi et vendredi. 

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LA PRIERE DE SAINT EPHREM LE SYRIEN
Prière qui accompagne le Grand Carême
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Seigneur et Maître de ma vie !

L’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination et de parole facile : éloigne de moi !

On fait une prosternation

L’esprit de pureté, d’humilité, de patience et de charité :
donne à ton serviteur (à ta servante) !

On fait une prosternation

Oui, Seigneur et Roi : donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère…

Car Tu es béni dans les siècles : Amen !  On fait une prosternation

Ensuite on dit trois fois en s’inclinant jusqu’à terre :

O Dieu, aie pitié de moi, pécheur !
O Dieu, purifie-moi, pécheur !
O Dieu, mon créateur, sauve-moi !
Mes péchés sont innombrables, pardonne-moi !

Et l’on redit la prière « Seigneur et Maître de ma vie » en entier en se prosternant à la fin.

Que le Seigneur nous aide à prier de tout notre cœur ! 

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Pour demander la force de pardonner
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Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, Toi qui as été humilié, insulté, frappé, condamné injustement et finalement exécuté en étant mis sur la Croix ;

Toi le seul Innocent qui as prié pour tes bourreaux, pour ceux qui t’avaient livré et fait condamner injustement, en disant : « Père, pardonne-leur ! Ils ne savent pas ce qu’ils font ! » ;

Toi-même, ô Seigneur d’amour humilié et glorifié sur la Croix, change nos (mon) cœur(s) par la grâce du saint Esprit ! Selon les prières de ta Mère très pure, la Vierge Marie, purifie-nous (moi) de l’esprit de vengeance ! Donne-nous (moi) la force et la grâce de pardonner à ceux qui nous (m’) ont offensé(s) et humilié(s) ainsi qu’à ceux qui ont fait du mal à nos (mes) proches. Car Toi-même Tu nous as enseigné à aimer et à bénir nos ennemis et ceux qui nous persécutent.

A toi la gloire, ô Amour ineffable, avec ton Père et ton Esprit saint, dans les siècles des siècles. Amen !