Dimanche 30 juillet
Dimanche 30 juillet 2006 : 7ème dimanche après la Pentecôte.
Tropaire de la Résurrection en ton 6 :
Devant ton sépulcre, les puissances des cieux autant que les soldats, / furent frappées d’effroi.// Marie-Madeleine se tenait près du tombeau/ et cherchait ton corps immaculé.// Mais Tu brisas l’enfer sans te laisser vaincre par lui ;+ Tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie:/ Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à toi !//
Tropaire(s) et kondakia de l’église
Gloire…
Kondakion de la Résurrection en ton 6:
De sa main vivifiante, le Seigneur Source-de-vie, le Christ notre Dieu,+ a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’enfer,/ accordant la résurrection à tout le genre humain.// Il est vraiment notre Sauveur,+ notre Vie, notre Résurrection/ et le Dieu de l’univers !//
Et maintenant
Kondakion de la Transfiguration en ton 7 (usage grec, n. trad.):
Sur la montagne Tu t’es transfiguré, + et selon leur mesure / tes disciples contemplèrent ta gloire, ô Christ Dieu ; // afin qu’en te voyant crucifié, + ils voient que ta Passion était consentie, / et proclament au monde que Tu es en vérité le resplendissement du Père.//
Prokiménon du dimanche en ton 6 (Ps 27, 9 et 1, trad. des Septante):
Seigneur, Sauve ton peuple, / et bénis ton héritage !//
Vers toi, Seigneur, je crie ; mon Dieu, ne garde pas le silence envers moi !
Epître : Romains 15, 1-7 (n. trad.)
Frères, nous avons l’obligation, nous les forts, de porter les infirmités des faibles et de ne pas nous faire plaisir à nous-mêmes. Que chacun de nous fasse plaisir au prochain, en vue du bien, pour l’édification. Car le Christ ne s’est pas fait plaisir à lui-même ; mais, il est écrit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont retombés sur moi. » Or tout ce qui fut écrit dans le passé a été écrit pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation tirées des Ecritures, nous possédions l’objet de l’espérance.
Que le Dieu de patience et de consolation vous donne d’avoir les uns à l’égard des autres les mêmes dispositions, selon le Christ Jésus, afin que d’un même cœur et d’une seule bouche vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ.
Ainsi, soyez accueillants les uns pour les autres, comme le Christ fut accueillant pour vous, à la gloire de Dieu.
Alléluia du dimanche en ton 6 (Ps 90, 1 et 2, trad. des Septante)
Celui qui demeure sous le secours du Très Haut repose sous la protection du Dieu du ciel.
- Il dit au Seigneur : « Tu es mon soutien et mon refuge : mon Dieu, en qui je mets mon espérance ! »
Evangile : Matthieu 9, 27-35 (n. trad.)
En ce temps-là, Jésus était en chemin ; deux aveugles se mirent à le suivre en criant : « Fais-nous miséricorde, Fils de David ! » Jésus arrivé à la maison, les aveugles vinrent à sa rencontre ; Il leur dit : « Avez-vous foi que Je puisse faire cela ? » Ils lui disent : « Oui, Seigneur ! » Alors Il leur toucha les yeux en disant : « Qu’il vous advienne selon votre foi ! » Et leurs yeux s’ouvrirent. Alors Jésus les avertit : « Veillez à ce que personne ne le sache! » Mais à peine sortis, ils en répandirent la nouvelle dans toute cette terre.
Tandis que Jésus et ses disciples sortaient (du village), on lui présenta un muet possédé: une fois le démon expulsé, le muet se mit à parler ; et les foules étaient émerveillées et disaient : « Jamais il n’y a eu pareille manifestation en Israël ! » Mais les Pharisiens disaient : « C’est par le prince des démons qu’il expulse les démons ! »
Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’évangile du Royaume et soignant dans le peuple toute maladie et de toute infirmité.
Catéchèse : la vie dans l’Eglise après la Pentecôte – l’unité est à la base, dans la foi vécue
- unité de l’Eglise dans la vie nouvelle selon le Christ et selon l’Esprit (épître) : l’antithèse « forts »/ « faibles » traduit « puissant »/ « impuissant » ; les baptisés ont des « obligations », mais ils ont surtout le « pouvoir » charismatique de faire le bien, la volonté de Dieu (pouvoir reçu au baptême et dans la chrismation) ; la prière consiste à activer ce pouvoir et à le faire fructifier (non à forcer magiquement la volonté divine). L’antithèse « se faire plaisir » (slogan du monde)/« faire plaisir » (refrain de l’Eglise), recouvre l’antithèse amour de soi/amour du prochain. La vie en Christ est la préférence absolue d’autrui à soi : le Christ donne le type de cet amour sacrificiel (supporter les outrages destinés à autrui) ; l’Esprit en donne le pouvoir (capacité, liberté, possibilité, grâce, de prendre sur soi la faiblesse des frères). Le Christ Lui-même (évangile) manifeste un « pouvoir » divin (guérir, illuminer la conscience, révéler le Père). La vie communautaire chrétienne est encore marquée par la réciprocité : chacun faisant plaisir à autrui, tous sont heureux, but de la création du monde, de l’incarnation de Dieu et de l’institution de l’Eglise – que tous communient à la joie divine !
- l’Eglise, lieu où l’on découvre par expérience la « miséricorde » divine, don gratuit (aucun mérite) de la part du Père. Ni la vie, ni la santé ne nous sont dues. Tout est don. Le chrétien ne revendique pas ; il implore (« fais-nous miséricorde ! ») et glorifie la miséricorde (« gloire à ton infinie miséricorde, Seigneur, gloire à toi ! »). Il voit dans la souffrance et la mort des suites de l’erreur humaine. Il ne se révolte pas ; il demande pardon ; il glorifie l’incompréhensible sagesse du Père, qui appelle du non-être à l’être, du mal au bien, de la mort à la vie, de la vie biologique à la vie éternelle.
- les signes physiques de la réalité de l’Esprit (cf. di. dernier) : prenons le saint Evangile à la lettre ; prenons-le ensuite au 2ème degré. Dans le kondakion de la Transfiguration (avant-fête), il y a deux « voir » : le premier est sensible, le deuxième est « pneumatique », selon l’Esprit-Pneuma : la connaissance de Dieu n’est pas une compréhension ; elle est une vision par illumination de la conscience. Les aveugles souffrent d’une faiblesse physique ; mais ils signifient la faiblesse selon l’Esprit, l’ignorance de Dieu par impuissance (encore le thème du pouvoir) à connaître. Le Christ, « resplendissement du Père », ouvre les yeux spirituels par la puissance de l’Esprit. Le contenu de l’Eglise est donc : l’unité de foi ; l’amour fraternel « selon le Christ » ; la découverte qu’on est gracieusement aimé de Dieu ; l’intuition de l’incompréhensible divinité. C’est pourquoi les baptisés sont appelés « illuminés ». Et ils peuvent illuminer à leur tour, « resplendir » de l’amour du Père ! Les saints, à commencer par la Mère de Dieu, pensons également à saint Séraphim, deviennent lumière dans la lumière. Les saintes icônes témoignent de cette lumière immatérielle qui irradiait du Christ transfiguré sur le mont Thabor.
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