« juillet 2006 | Accueil | septembre 2006 »

Dimanche 3 septembre

Dimanche 3 septembre 2006, 12ème après la Pentecôte – ton 3

Tropaire (hymne) de la Résurrection en ton 3 : Que les cieux se réjouissent !+ que la terre exulte d’allégresse !+ car le Seigneur a fait merveille par la force de son bras,/ terrassant la mort par sa propre mort et devenant d’entre les morts le Premier-né !// Du sein de l’Enfer, Il nous a tous sauvés,/ accordant au monde la grâce du salut.//

Tropaire(s) et kondakion(a) de l’église. Gloire au Père et et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion (hymne) de la Résurrection en ton 3 : Du tombeau Tu es ressuscité en ce jour,+ ô Dieu de miséricorde,/ nous arrachant aux portes de la mort ;// en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie,/ et tous ensemble les patriarches et les prophètes chantent inlassablement la force et la puissance de ta divinité.//  Et maintenant…

Kondakion de la Mère de Dieu en ton 6 : Protectrice assurée des chrétiens,+ Médiatrice sans défaillance devant le Créateur,/ ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !// Mais dans ta bonté+ hâte-toi de nous secourir,/ nous qui te crions avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession,+ et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu,/ secours constant de ceux qui t’honorent ».//

Prokimenon (graduel) du dimanche en ton 3 : Chantez pour notre Dieu, chantez !/ chantez pour notre roi, chantez !// V/ : Tous les peuples, battez des mains ! Acclamez Dieu en éclats de joie !

Epître : 1 Corinthiens 15, 1-11
« Frères, je désire vous rappeler maintenant la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée, que vous avez reçue et à laquelle votre foi est fermement attachée. C’est par elle que vous êtes sauvés, si vous la retenez telle que je vous l’ai annoncée ; autrement, vous auriez cru inutilement.
Je vous ai transmis l’enseignement que j’ai reçu, celui qui est le plus important : le Christ est mort pour nos péchés, comme l’avaient annoncé les Ecritures ; Il a été enterré et Il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Ecritures ; Il est apparu à Pierre, puis au douze apôtres. Ensuite, Il est apparu à plus de cinq cents de ses disciples à la fois – la plupart d’entre eux sont encore vivants, mais quelques uns sont morts. Ensuite, Il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
Enfin, après eux tous, Il m’est aussi apparu à moi, et pourtant je suis comme un être né prématurément. Je suis en effet le moindre des apôtres – à vrai dire, je ne mérite même pas d’être appelé apôtre, car j’ai persécuté l’Eglise de Dieu. Mais par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et la grâce qu’Il m’a faite n’a pas été inefficace : au contraire, j’ai travaillé plus que tous les autres apôtres – non pas moi, en réalité, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. Ainsi, que cela vienne de moi ou d’eux, voilà ce que nous prêchons, voilà ce que vous avez cru »

Alléluia du dimanche en ton 3 : En toi, Seigneur, j’espère : que je ne sois jamais déçu ! - Sois pour moi le Dieu qui me protège, la forteresse où je trouve le salut !

Evangile : Matthieu 19, 16-26 (n.trad.)
En ce temps-là, voici que quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit : « Bon Maître, que ferai-je de bien pour avoir la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Que m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon si ce n’est Dieu seul. Si tu veux entrer dans la vie, obéis aux commandements.
- Auxquels ? » dit-il. Jésus répondit : « Ne tue pas ; ne commets pas d’adultère ; ne vole pas ; ne prononce pas de faux témoignage ; respecte ton père et ta mère ; aime ton prochain comme toi-même. » Le jeune homme lui dit : « Tout cela je l’ai gardé depuis l’enfance. Que ferai-je ensuite ?
- Si tu veux être parfait, lui dit Jésus, va vendre ce que tu possèdes et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens et suis-moi. »
Mais le jeune homme entendit ces paroles et s’en alla tout triste, parce qu’il avait de nombreux biens. Jésus dit alors à ses disciples : « Amen, en vérité, Je vous le déclare, un riche entre difficilement dans le Royaume des cieux. Je vous le déclare encore : il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. »
Les disciples entendirent : ils furent pleins de stupeur et de crainte, et ils dirent : « Alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarda en face et leur dit : « De la part des humains, c’est impossible ; de la part de Dieu tout est possible. »

Catéchèse : un résumé de la vie chrétienne
- l’essentiel de notre foi : être chrétien, c’est croire que le Christ est vraiment ressuscité des morts et qu’Il est apparu après sa résurrection, comme l’enseigne le saint Evangile. En glorifiant le Christ ressuscité et en nous fiant au témoinage des saints de tous les temps, nous pouvons « suivre Jésus », comme Il nous y invite. « Aimez le Christ et ne préférez rien à son amour » (P. Porphyrios, +1991).
- le but de l’existence humaine : le salut, « le seul but de notre vie, notre raison de vivre, est d’être conduits vers la lumière de l’Esprit saint, et à l’union de l’humain et du divin » (K. Ioannidis, Géron Porphyrios, témoignages et expériences, Athènes 2005 – mesot@internet.gr).
- le miracle d’être chrétien : c’est « difficile » et même « impossible ». Même si nous ne commettons pas d’actions contraires aux commandements, il nous arrive de transgresser ceux-ci en pensée. Selon les saints Pères (Macaire le Grand, Théophane le Reclus, par exemple), le début de la vie parfaite est dans la lutte contre les pensées et les inspirations perverses. Ils appellent cela la garde des pensées ou « garde du cœur ». Car le Christ a enseigné que c’est du cœur que viennent les péchés (Matthieu 15, 19). Celui qui n’accepte pas les pensées mauvaises et les empêche ainsi de venir dans son cœur, sera libre de ne pas les commettre. Celui qui accepte les suggestions du Malin, a commis ces péchés et doit les avouer le plus tôt possible pour obtenir du Seigneur l’absolution ; autrement, quand l’occasion se présentera, il les commettra. D’abord vient la pensée, puis l’imagination, et enfin l’acte, l’écrivain orthodoxe Dostoïevsky l’a montré avec le personnage de Raskolnikov dans Crime et châtiment. « N’accepte plus cette pensée », a dit le Christ à saint Silouane. Les saints Pères ont enseigné qu’il est « difficile » et même « impossible » de garder le cœur des mauvaises pensées sans l’invocation continuelle du Nom de Dieu, le jeûne, le repentir et l’amour fraternel. Mais, même faire cela tient du miracle ! Il nous est donc enseigné de demander au Seigneur la grâce de l’invoquer sans cesse, celle de jeûner en vérité, celle d’aimer le prochain, et celle indispensable de se repentir et de confesser ses péchés. Dans la confession fréquente, l’Esprit saint nous apprend à détester et haïr le péché, et à nous exposer continuellement à la miséricorde de Dieu.
- l’optimisme chrétien : croire que « de la part de Dieu, tout est possible » ; savoir que le Christ nous invite constamment à la vraie vie, au bonheur et à l’épanouissement dans son amour. « Le Christ est tout ; Il est la source de vie ; Il est ce qui est le plus désirable ; Il est tout : tout le beau, le bon et le bien se trouve en Christ. (…) C’est ainsi que nous sommes appelés à vivre » (P. Porphyrios, op. citat.). Rappelons-nous que Dieu manifeste sa force dans notre faiblesse! 

Dimanche 27 août

Dimanche 27 août 2006, 11ème après la Pentecôte, ton 2

Tropaire de la Résurrection, ton 2 :
Lorsque Tu es descendu vers la mort, immortelle Vie, / l’enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité ; // et, lorsque Tu ressuscitas les morts qui gisaient au fond du tombeau, / tous les anges dans les cieux se mirent à chanter : Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu !//

Tropaire(s) et kondakion (a) de l’église. Gloire…

Kondakion de la Résurrection, ton 2 :
Lorsque Tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, / l’enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ; // les morts se sont levés et, en te voyant, la création partage ta joie, + Adam s’unit à l’allégresse ; / et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours !//  Et maintenant…

Kondakion de la Mère de Dieu en ton 6 :
Protectrice assurée des chrétiens, + Médiatrice sans défaillance devant le Créateur, / ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !// Mais dans ta bonté+ hâte-toi de nous secourir, / nous qui te crions avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession, + et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu, / Secours constant de ceux qui t’honorent ». //

Prokimenon en ton 2 : Le Seigneur est ma force et mon chant/ et Il s’est fait mon salut. // V : Le Seigneur m’a châtié et châtié encore pour m’éduquer, mais Il ne m’a pas livré à la mort.

Epître : 1 Corinthiens 9, 2-12
Frères, si pour d’autres, je ne suis pas apôtre, je le suis du moins pour vous ; car le sceau de mon apostolat, c’est vous qui l’êtes, dans le Seigneur. Ma défense contre mes accusateurs, la voici. N’aurions-nous pas la liberté de manger et de boire ? N’aurions-nous pas la liberté d’être accompagnés partout d’une femme, d’une sœur, comme les autres apôtres, les frères du Seigneur et Céphas ? Moi seul et Barnabé n’avons-nous pas la liberté de ne pas travailler ? Qui sert jamais dans l’armée à ses propres frais ? Qui plante une vigne sans en manger les fruits ? Ou qui fait paître un troupeau sans se nourrir du lait du troupeau ? Cela n’est-il qu’un usage humain, ou la Loi ne dit-elle pas la même chose ? En effet, il est écrit dans la loi de Moïse : « Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain ». Dieu s’inquiète-t-Il des bœufs ? N’est-ce pas pour nous qu’Il parle ? Oui, c’est pour nous que cela a été écrit ; car il faut de l’espoir chez celui qui laboure, et celui foule le grain doit avoir l’espoir d’en recevoir sa part. Si nous avons semé pour vous les biens spirituels, serait-il excessif de récolter vos biens matériels ? Si d’autres prennent part de cette liberté à votre égard, pourquoi pas nous à plus forte raison ? Mais nous n’avons pas usé de cette liberté. Nous supportons tout, au contraire, pour ne créer aucun obstacle à l’Evangile du Christ.

Alléluia en ton 2 : Que le Seigneur t’exauce au jour de la tribulation ! Que le Nom du Dieu de Jacob te protège ! V : Seigneur, sauve le Roi, et exauce-nous, le jour où nous t’invoquerons !

Evangile : Matthieu 18, 23-25
En ce temps-là, (après avoir dit de pardonner soixante-dix-sept fois sept fois), Jésus dit cette parabole.
« Aussi le Royaume des cieux ressemble-t-il à un roi humain qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait ce bilan, quand on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre ainsi que sa femme, ses enfants et tout ce qu’il possédait, et de rembourser sa dette. Se jetant alors à ses pieds, le serviteur, prosterné, lui disait : « Sois patient avec moi, et je te rembourserai tout ! » Pris de miséricorde, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit sa dette. En sortant, ce serviteur rencontra un de ses coserviteurs, qui lui devait cent pièces d’argent ; il le saisit et l’étouffait, en lui disant : « Rembourse ce que tu dois ! » Son coserviteur se jeta donc à ses pieds et il le suppliait en disant : « Sois patient envers moi, et je te rembourserai ! » Mais l’autre ne voulut pas : mais il le fit jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût remboursé ce qu’il devait. Voyant ce qui venait de se passer, ses coserviteurs furent profondément attristés et ils allèrent informer leur maître de tout ce qui était arrivé. Alors, le faisant venir, son maître lui dit : « Mauvais serviteur, je t’avais remis toute ta dette, parce que tu m’en avais supplié. Ne devais-tu pas, toi aussi, faire miséricorde à ton compagnon, comme moi-même je t’avais fait miséricorde ? » Et, dans sa colère, son maître le livra aux tortionnaires, en attendant qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. »
C’est ainsi, conclut Jésus, que mon Père céleste fera avec vous, si chacun ne pardonne pas à son frère du fond de son cœur. »

Catéchèse : retour sur le ministère de l’Eglise, ministère de la miséricorde divine
- dans l’épître, saint Paul sur les conditions matérielles du ministère apostolique (vie familiale, travail). Nos évêques, prêtres et diacres – quelle que soit leur abnégation ! – sont l’objet de notre sollicitude : comment vivent-ils ? Quelles sont leurs ressources ? Quelle fraternité connaissent-ils ? Demandons-le-nous… Les « biens matériels » peuvent-ils exprimer notre gratitude pour les « biens spirituels » ?
- dans l’évangile, le « roi humain » est l’image du ministère apostolique de la miséricorde : l’évêque, en tant qu’icône du maître de maison, a la liberté de délier et de remettre les dettes à celui qui le demande avec instance. Il a aussi celle de lier et de sanctionner avec justice : de révéler le lien spirituel dont la personne est captive (en ne voulant pas délier, le serviteur s’est montré lui-même lié). Or ce ministère du pardon est également celui des laïcs, « coserviteurs » du Seigneur : leur dignité est d’exercer, en membres du sacerdoce royal, le ministère du pardon. Car la liberté et la charge de remettre les dettes ont été données à l’ensemble du corps ecclésial dans le baptême. Pasteurs et laïcs (= l’assemblée des croyants) seront jugés à leur miséricorde, au « redoutable tribunal du Christ ». Il était juste de lier ; il était miséricordieux de délier. L’enfer est tortures du pardon non accompli, de l’amour non manifesté, supplice du non amour, libre défaillance dans le ministère de la miséricorde, icône de la paternité de Dieu ; douleur de la contradiction spirituelle de qui ne veut pas accomplir le « remets-nous nos dettes comme nous les remettons ». « Bienheureux les miséricordieux… » (Matt 5, 7).
- le pardon est rigoureusement remise d’une dette réelle (ce que nous devons à Dieu, ce que nous nous devons les uns aux autres); il « libère » (laisse aller) la personne, au lieu d’exiger ce qui est légitiment dû. Fruit de la miséricorde, il vient « du fond du cœur » ou n’est pas. Il délie aussi celui qui pardonne.
- la « colère » consiste à être livrés à nous-mêmes, abandonnés à nos contradictions spirituelles, à nos tortionnaires intérieurs. Un Père disait que le « péché contre l’Esprit » est le refus de la miséricorde.
- « miséricorde » se rapporte à des entrailles paternelles ou maternelles qui se serrent de compassion pour la souffrance d’autrui (le « frère », l’enfant) ; le mot remplace aussi souvent que possible « pitié ». « Kyrie eleison ! » se traduit par « Seigneur, miséricorde ! ». Cela donne : « Fais-nous miséricorde ! », « Miséricorde pour moi pécheur ! », « Miséricorde pour nous tes serviteurs ! ». Et encore : « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »

dimanche 20 août

Dimanche 20 août 2006, 10ème après la Pentecôte ; ton 1
Après-fête de la Dormition et mémoire du saint prophète Samuel

Tropaire de la Résurrection en ton 1 : Malgré les scellés posés sur le tombeau et les soldats gardant ton corps immaculé, + Tu es ressuscité le troisième jour, / donnant la vie au monde, Dieu sauveur ; // et du haut des cieux les anges te chantèrent : « Gloire à ta Résurrection, ô Christ, + gloire à ta royauté, / gloire à ton œuvre de salut, Seigneur, Ami des hommes ! »//

Tropaire de la Dormition en ton 1 (n. trad.) : Dans ta conception tu as gardé la virginité ; / dans ta dormition tu n’abandonnes pas le monde, ô Mère de Dieu ! // Tu vas vers la Vie, étant Mère de la Vie,/ et par tes prières tu libères nos âmes de la mort !//

Tropaire(s) et kondakion (a)de l’église. On peut ajouter ceux du Prophète

Gloire

Kondakion de la Résurrection en ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, / Tu as ressuscité le monde avec toi. // La nature humaine te chante comme Dieu, + la mort s’évanouit, Adam jubile, Seigneur, + et Eve, désormais libérée de ses liens, / proclame avec allégresse : Ô Christ, c’est Toi qui accordes à tous la Résurrection !//

Et maintenant…

Kondakion de la Dormition en ton 2 : La Mère de Dieu, qui jamais ne se lasse d’intercéder pour nous + et dont la protection ne pouvait cesser d’être notre espérance, + ne se laissa vaincre par la mort ni le tombeau,/ puisqu’elle la Mère de la Vie et qu’elle a rejoint la Source de la Vie, Celui qui demeura dans son sein virginal.//

Prokimenon (graduel) du dimanche en ton 1 : Vienne sur nous ta miséricorde, Seigneur, / comme sur toi repose notre espoir ! V : Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur ! Aux cœurs droits convient la louange et de la Dormition en ton 3 : Mon âme magnifie le Seigneur et mon esprit exulte de joie en Dieu mon Sauveur ! V/Il s’est penché sur son humble esclave : désormais tous les âges me diront Bienheureuse !

Epître : 1 Corinthiens 4, 9-16
Frères, je pense que Dieu nous a exposés, nous les apôtres, à la dernière place, comme des condamnés à mort ; nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux humains. Nous sommes fous à cause du Christ, mais vous, vous êtes sages en Christ ; nous sommes faibles, vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, nous sommes méprisés. A cette heure encore, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités, vagabonds, et nous peinons en travaillant de nos mains. On nous insulte, nous bénissons ; on nous persécute, nous endurons ; on nous calomnie, nous consolons. Nous sommes jusqu’à présent, pour ainsi dire, les ordures du monde, le déchet de l’univers.
Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous avertir, comme mes enfants bien-aimés. En effet, quand vous auriez dix mille pédagogues en Christ, vous n’avez pas plusieurs pères. C’est moi qui, par l’Evangile, vous ai engendrés en Jésus Christ. Je vous exhorte donc : soyez mes imitateurs.

Alléluia du dimanche en ton 1 : Dieu m’accorde la revanche et me soumet les peuples. V/ Dieu accomplit des merveilles pour le salut de son roi ; Il fait miséricorde à son Christ, à David et à sa descendance pour les siècles et de la Dormition en ton 8 : Lève-Toi, Seigneur, pour entrer dans ton repos, Toi et l’Arche de ta sainteté ! V/ Le Seigneur l’a juré à David en vérité, et Il ne se dédira point : « J’établirai sur ton trône le Fruit de ton sein. »

Evangile : Matthieu 17, 14-23
En ce temps-là, comme Jésus et ses disciples arrivaient près de la foule, un homme s’approcha de lui et lui dit en tombant à genoux : « Seigneur, fais miséricorde à mon fils ! Il est lunatique et souffre beaucoup ; il tombe souvent dans le feu ou dans l’eau. Je l’ai bien amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. » Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et perverse, jusqu’à quand serai-Je avec vous ? Jusqu’à quand aurai-Je à vous supporter ? Amenez-le-moi ici. » Jésus menaça le démon, qui sortit de l’enfant, et celui-ci fut guéri dès cette heure-là. Alors les disciples, s’approchant de Jésus, lui dirent en particulier : « Et nous, pourquoi n’avons-nous pu le chasser ? » Jésus leur dit : « A cause de la pauvreté de votre foi. Car, en vérité Je vous le déclare, si un jour vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : « Passe d’ici là-bas », et elle y passera. Rien ne vous sera impossible. Et puis ce genre de démon ne peut s’en aller, sinon par la prière et le jeûne. »

Koinonikon (chant de communion) du dimanche (« Louez… ») et de la Dormition en ton 1:
Je prendrai le Calice du salut, / et j’invoquerai le Nom du Seigneur : Alléluia !//

Catéchèse : épiscopat, prêtrise et diaconat dans l’Eglise dérivent du ministère des saints apôtres
- dans l’épître, saint Paul les définit par l’abnégation et le martyre: celui qui exerce le ministère apostolique endure tout (voir les expressions du texte) pour l’épanouissement des fidèles ; c’est le fondement christologique du sacerdoce ministériel : monter sur la Croix pour que les laïcs grandissent dans le sacerdoce baptismal par le saint Esprit. Il les définit encore par la paternité (« enfants bien-aimés», « père », « engendrer en Jésus Christ») et par l’exemple (« imitation »), selon l’Esprit saint.
- dans l’évangile, ce ministère est défini par la foi et par l’ascèse (« prière et jeûne ») grâce auxquels Dieu accomplit des miracles par le moyen de l’évêque, du prêtre et du diacre : « rien ne vous sera impossible », leur dit le Christ. Souvenons-nous de l’exemple de saints serviteurs de l’Eglise : Martin, Germain d’Auxerre, Serge, Nectaire, Callinique de Cernica, Jean de Kronstadt – à la prière de ces saints prêtres, le Seigneur soulagea son peuple de ses souffrances. L’évangile montre qu’Il peut agir par lui-même si la foi de ses ministres est défaillante, ce qui est rassurant ! Mais l’appel au ministère apostolique est là : icône et instrument de la miséricorde infinie du Seigneur ; porte-voix de sa parole de sagesse, suppliant et glorifiant sans cesse Dieu pour son peuple et son monde, par divin amour…
- ceci conduit à la prière pour les évêques, les prêtres et les diacres : que le Seigneur leur accorde la grâce de communier à son sacrifice d’amour ; qu’Il fortifie leur foi ; qu’Il nous gratifie de pères spirituels véritables, expérimentés dans la prière et le jeûne – des évêques, prêtres et diacres ascètes. Et que le Seigneur supplée aux faiblesses des prêtres dont la foi est faible et la vie paresseuse ! Enfin : « Seigneur Jésus Christ, par les saintes prières de nos pères en Dieu N…, fais-nous miséricorde ! »

Mardi 15 août

Mardi 15 août : Dormition de notre très sainte Souveraine, la Mère de Dieu

On chante les antiennes propres à la Fête

Antienne 1 :
Acclamez le Seigneur, toute la terre ! Servez le Seigneur dans l’allégresse ! Allez à lui avec des chants de joie !
Refrain en ton occurrent : Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !
Entrez dans ses parvis avec des hymnes, rendez-lui grâce et bénissez son Nom ! R.
Ainsi que nous l’avions entendu dire, nous avons vu la Cité de notre Dieu ! R.
Son tabernacle, c’est La Paix, en Sion, le lieu de son séjour. R.
Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit, et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles !

Antienne 2 :
Le Seigneur aime la ville qu’Il a fondée sur les saintes montagnes.
Refrain : Sauve-nous, ô Fils de Dieu, admirable parmi tes saints, nous qui te chantons : Alléluia !
Il préfère les portes de Sion à tous les tabernacles de Jacob. R.
Qui parle de toi te glorifie, Cité de Dieu ! R.
Ses flots réjouissent la ville de Dieu : le Très-Haut sanctifie le lieu de son séjour.
Gloire au Père… Et maintenant… Fils unique et Verbe de Dieu, Toi qui es immortel…

Antienne 3 en ton 1 :
Mon cœur est prêt, ô Dieu ! Mon cœur est prêt : je veux chanter, je veux jouer pour toi !
Refrain, le tropaire de la Fête : Dans ton enfantement tu as gardé la virginité ; dans ta dormition tu n’abandonnes pas le monde, ô Mère de Dieu ! Tu vas vers la Vie, étant Mère de la Vie, et par tes prières tu libères nos âmes de la mort !
Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’Il m’a fait ? R.
Je prendrai le Calice du salut, et j’invoquerai le Nom du Seigneur ! R.
Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit, et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles ! R.

Isodikon : Venez, adorons et prosternons-nous le Christ ! Sauve-nous, ô Fils de Dieu, Toi qui es admirable parmi tes saints, nous qui te chantons : Alléluia !

Tropaire de la Fête (3 fois). Gloire… et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles !

Kondakion de la Fête en ton 2 : La Mère de Dieu, qui jamais ne se lasse d’intercéder pour nous et dont la protection ne pouvait cesser d’être notre espérance, ne se laissa vaincre par la mort ni le tombeau, puisqu’elle la Mère de la Vie et qu’elle a rejoint la Source de la Vie, Celui qui demeura dans son sein virginal.

Prokimenon en ton 3 : Mon âme magnifie le Seigneur et mon esprit exulte de joie en Dieu mon Sauveur ! V/Il s’est penché sur son humble esclave : désormais tous les âges me diront Bienheureuse !

Epître : du saint apôtre Paul aux Philippiens 2, 5-11
Frères, ayez entre vous les mêmes sentiments que ceux qui furent dans le Christ Jésus : Lui, étant Dieu par nature, n’a pas revendiqué son égalité avec Dieu, mais Il s’en est Lui-même dépouillé, Il a pris ma nature d’esclave et Il est devenu semblable aux humains. Puis, revêtu de l’humanité, Il s’humilia Lui-même, et obéit jusqu’à la mort, celle de la Croix. Aussi Dieu l’a-t-Il exalté et lui a-t-Il conféré le Nom qui dépasse tout nom, afin qu’au Nom de Jésus fléchisse tout genou, dans le ciel, sur la terre et aux enfers, et que toute langue se mette à proclamer de Jésus Christ qu’Il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père !

Alléluia en ton 8 (  Ps 131, 8 et 11): Lève-Toi, Seigneur, pour entrer dans ton repos, Toi et l’Arche de ta sainteté ! V/ Le Seigneur l’a juré à David en vérité, et Il ne se dédira point : « J’établirai sur ton trône le Fruit de ton sein. »

Evangile : Luc 10, 38-42 et 11, 27-28
En ce temps-là, comme ils faisaient route, Jésus entra dans un village et une femme nommée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur appelée Marie qui s’assit aux pieds du Seigneur, et écoutait sa parole. Marthe s’affairait à tout le service ; elle vint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse m’occuper seule du service ? Dis-lui donc de m’aider ! » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe ! Tu t’inquiètes et t’agites pour beaucoup de choses, mais il en faut peu : d’une seule, même, suffit. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas retirée ». Alors qu’Il disait cela, une femme éleva la voix du milieu de la foule et dit à Jésus : « Heureuse, celle qui t’a porté et nourri ! » Mais Il dit : « Heureux, assurément, ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent ! »

Mégalynaire en ton 4 : Lorsqu’ils virent la Dormition de la Toute-Sainte et Immaculée, les anges furent émerveillés, admirant que la Vierge pût monter de la terre jusqu’aux cieux.
Et en ton 1 : La nature est ses lois par ton mystère sont dépassées, Vierge toute-sainte : tu gardes la virginité dans ton enfantement et ta mort est le prélude qui annonce la Vie. Toujours vierge après l’enfantement et vivante encore après la mort, garde pour toujours sous ta protection ton héritage, ô Mère de Dieu !

Koinonikon en ton 8 : Je prendrai le Calice du salut,/ et j’invoquerai le Nom du Seigneur : Alléluia !//

Catéchèse : la foi orthodoxe en la Mère de Dieu, Toujours-Vierge et Toute-Sainte Marie
- sa libre impeccabilité : élue par le Seigneur, elle s’est gardée du péché personnel. L’héritage du péché adamique a été purifié en elle par la venue sanctifiante de l’Esprit et l’habitation du Verbe, avec la synergie de sa volonté humaine. Aussi ne connut-elle pas les souffrances de l’accouchement. Elle souffrit de compassion pour son Fils et son Dieu. Elle consentit à la mort et fut exaltée (« dormition »).
- sa virginité triple : avant la conception, pendant et après l’enfantement. Elle ne connut pas l’union sexuelle, et eut le Verbe comme fils unique. Les « frères » de Jésus sont ses cousins, ou des enfants de Joseph le veuf. Sur l’icône, sont les trois étoiles de la virginité glorieuse de la Toujours-Vierge.
- elle est la « Mère de Dieu », foi œcuménique (concile d’Ephèse 431) et incontournable. L’enfant conçu en elle de l’Esprit du Père est la personne divine du Verbe. En elle l’union de la divinité et de l’humanité est immédiate : elle conçoit humainement la divinité ; « théotokos » (« déipare ») inclut non seulement la mise au monde, mais surtout la conception. La Vierge Marie est la Génitrice de Dieu.
- elle est la Toute-Sainte (Panaghia), première créature transfigurée et déifiée et, pour cette raison, au-dessus des chérubins et des séraphins. Elle demeure une créature, et ne prend jamais la place de Dieu.

Dimanche 13 août

Dimanche 13 août 2006 : clôture de la Transfiguration – ton 8
Mémoire de saint Maxime le Confesseur (+662) et de sainte Radegonde de Poitiers (+587)

Typiques et Béatitudes avec strophes du premier canon de la Fête

Tropaire de la Résurrection en ton 8 : Du ciel Tu descendis, ô Dieu de miséricorde ;+ trois jours dans le tombeau Tu souffris de demeurer pour nous délivrer de nos péchés ;/ notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !//

Tropaire de la Transfiguration en ton 7 : Ô Christ Dieu, Tu t’es transfiguré sur la montagne ! Tu as montré à tes disciples ta gloire autant qu’ils pouvaient la supporter. Que ta lumière éternelle resplendisse aussi pour nous, pécheurs, par les prières de ta Mère, ô Donateur de lumière, gloire à toi !

Gloire…

Kondakion de la Résurrection en t.8 : Lorsque Tu gisais dans le tombeau, Seigneur immortel,+ Tu as brisé la puissance de l’enfer./ Et Tu es ressuscité victorieusement, ô Christ notre Dieu ; // ordonnant aux myrophores de se réjouir,+ visitant tes apôtres et leur donnant la paix,/ Toi qui nous sauves en nous accordant la résurrection !//   Et maintenant…

Kondakion de la Transfiguration en ton 7 (n. trad.): Sur la montagne Tu t’es transfiguré, + et selon leur mesure / tes disciples contemplèrent ta gloire, ô Christ Dieu ; // afin qu’en te voyant crucifié, + ils voient que ta Passion était consentie, / et proclament au monde que Tu es en vérité le resplendissement du Père. //

Prokiména du ton 8 : Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur notre Dieu ;/ vous tous qui l’entourez, apportez-lui des présents ! // V/ : Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand ! et de la Fête en ton 4 : Que tes œuvres sont admirables, Seigneur ! Tu as fait toutes choses dans ta sagesse ! V/ Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Seigneur, mon Dieu, Tu es magnifique !

Epître du jour : 1 Corinthiens 3, 9-17
Frères, nous sommes, nous les apôtres, des compagnons de travail au service de Dieu ; et vous êtes le champ cultivé par lui, l’édifice de Dieu. Selon la grâce que Dieu m’a donnée, j’ai posé, en bon architecte, les fondations, et sur cette base un autre édifie : mais que chacun prenne garde à la manière dont il construit. Car personne ne peut poser une autre base que celle qui s’y trouve : Jésus Christ. Sur cette base, on pourra construire avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, de la paille ; mais, au jour du jugement, Dieu révélera ce que vaut l’œuvre de chacun. Elle sera soumise à l’épreuve du feu, qui en établira la qualité. Qui bâtit une œuvre qui résiste à ce feu recevra sa récompense ; mais, si l’œuvre est consumée, on aura perdu sa peine, bien que sauvé personnellement, comme à travers un incendie. N’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un détruit ce temple divin, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous.

Alléluia du ton 8 : Venez, exultons pour le Seigneur ! Acclamons Dieu notre Sauveur ! V/ : Allons en sa présence en le confessant, et acclamons-le au son des psaumes !et de la Fête : en ton 8 : A toi sont les cieux, et à toi la terre : c’est Toi qui as fondé l’univers et sa plénitude. V/ Bienheureux le peuple qui connaît la jubilation : Seigneur, ils marcheront à la lumière de ta Face !

Evangile : Matthieu 14, 22-34
En ce temps-là, Jésus ordonna à ses disciples de remonter dans la barque et de le précéder sur l’autre rive, pendant qu’Il renverrait la foule. Quand Il l’eut renvoyée, Il gravit la montagne pour prier à l’écart ; et là, Il était seul, à la tombée de la nuit. La barque se trouvait déjà au milieu de la mer, harcelée par les vagues, sous un vent contraire. A la quatrième veille de la nuit, Jésus vint les disciples, marchant sur la mer. Ceux-ci, le voyant marcher sur la mer, prirent peur et dirent : « C’est un fantôme ! » et ils crièrent d’effroi. Mais Jésus leur dit aussitôt : « Rassurez-vous, c’est Moi, n’ayez pas peur ! » Pierre lui répondit : « Seigneur, si c’est bien Toi, ordonne que j’aille près de toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Et Pierre sortit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais devant la violence du vent il prit peur et, sur le point de couler, il s’écria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent cessa. Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant Jésus en disant : « Tu es vraiment le Fils de Dieu ! » Et lorsqu’ils eurent achevé la traversée, ils touchèrent à Génésareth.

Mégalynaire de la Transfiguration en ton 4 :
Magnifie, ô mon âme, magnifie le Christ notre Dieu/ glorieusement transfiguré sur la montagne du Thabor.// Immortel s’est révélé Celui que tu as mis au monde,/ et Dieu Lui-même a voulu sortir de ton sein:// revêtu de notre chair,/ Il a paru sur la terre pour converser avec les hommes.// Ô Mère de Dieu,/ d’un seul cœur nous te magnifions !//

Chant de communion du dimanche : Louez… et de la Fête en ton 8: A la lumière de ta Face, Seigneur, nous marcherons, en ton Nom jubilant tout le jour : Alléluia !

Catéchèse : l’identité de Jésus Christ, Fils de Dieu, Fils de l’Homme
- la résurrection, manifestation de la divinité de Jésus : les chrétiens n’en donnent pas d’explication selon la raison créée (angélique ou humaine) ; ils l’affirment et la glorifient, et en tirent toutes les conséquences pour la vie humaine (sociale et culturelle) et pour la vie de la création tout entière (écologie). C’est au Christ ressuscité par l’Esprit du Père que nous communions dans l’Eucharistie. Sans être nous-mêmes personnellement ressuscités, notre chair (= âme et corps) est déjà par la Foi et  les sacrements de l’Eglise greffée sur la chair ressuscitée du Verbe incarnée. La nature humaine universelle bénéficie d’ailleurs de ce statut : d’où le grand respect à avoir pour tout être humain. Celle du Christ anticipe (« eschatologiquement ») la résurrection personnelle et universelle de chacun.
- la transfiguration (« métamorphose ») de Jésus, manifeste l’unité de sa divinité et de son humanité. Celle-ci irradie les énergies divines (non créées), la lumière (incréée). C’est une nature humaine déifiée par l’incarnation ou devenir-homme du Verbe. Ceci a été développé par saint Maxime le Confesseur. A cette humanité déifiée et transfigurée communient les baptisés, eux-mêmes potentiellement transfigurés et divinisés. Les saints (sainte Radegonde de Poitiers dont nous faisons mémoire) manifestent cet état accompli de la créature ; aussi leur icône resplendit-elle d’une matière transfigurée.

Dimanche 6 août

Dimanche 6 août 2006 : glorieuse Transfiguration de notre Seigneur Jésus Christ

Tout est de la Fête.  On chante les antiennes propres

Antienne 1 :
Grand est le Seigneur et louable hautement, dans la cité de notre Dieu, sur sa sainte montagne !
Refrain : Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !
Tu maintiens les montagnes par ta force ; Tu te ceins de puissance. Refrain.
Tu te revêts de splendeur et de majesté ; Tu te drapes de lumière comme d’un manteau. Refrain.
Que les montagnes crient de joie à la Face du Seigneur, car Il vient juger la terre ! Refrain.
Gloire… et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles ! Refrain

Antienne 2 :
Le Seigneur aime la ville qu’Il a fondée sur les saintes montagnes.
Refrain : Sauve-nous, ô Fils de Dieu, transfiguré sur le Thabor, nous qui te chantons : Alléluia !
Il préfère les portes de Sion à tous les tabernacles de Jacob. Refrain.
Qui parle de toi te glorifie, ô Cité de Dieu ! Refrain.
Sion est notre mère, chacun peut le dire, car en elle tout homme est né. Refrain.
Gloire au Père… Et maintenant… Fils unique et Verbe de Dieu, Toi qui es immortel…

Antienne 3 en ton 7 :
Ta miséricorde, Seigneur, à jamais je la chante, d’âge en âge ma bouche annonce ta fidélité ;
Refrain, le tropaire : Ô Christ Dieu, Tu t’es transfiguré sur la montagne ! Tu as montré à tes disciples ta gloire autant qu’ils pouvaient la supporter. Que ta lumière éternelle resplendisse aussi pour nous, pécheurs, par les prières de ta Mère, ô Donateur de lumière, gloire à toi !
Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité dans l’assemblée des saints. R.
Heureux le peuple qui connaît les cris de jois : à la clarté de ton visage, Seigneur, ils marcheront en jubilant. R.
Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit, et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles ! R.

Isodikon (chant d’entrée) : En toi, Seigneur, est la source de la vie, dans ta lumière nous verrons la lumière. Sauve-nous, ô Fils de Dieu, transfiguré sur le Thabor, nous qui te chantons : Alléluia !

Tropaire de la Fête (3 fois) Gloire… et maintenant et toujours… !

Kondakion de la Transfiguration en ton 7 (n. trad.):
Sur la montagne Tu t’es transfiguré, + et selon leur mesure / tes disciples contemplèrent ta gloire, ô Christ Dieu ; // afin qu’en te voyant crucifié, + ils voient que ta Passion était consentie, / et proclament au monde que Tu es en vérité le resplendissement du Père. //

Prokimenon en ton 4 (Ps 103, 24 et 1) : Que tes œuvres sont admirables, Seigneur ! Tu as fait toutes choses dans ta sagesse ! V/ Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Seigneur, mon Dieu, Tu es magnifique !

Epître : 2ème du saint apôtre Pierre, 1, 10-19
Frères, appliquez-vous à affermir votre vocation et votre élection : en faisant cela, vous ne pouvez pas trébucher. Et ainsi vous sera largement ouverte l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. C’est pourquoi je ne cesserai de vous rappeler cela, bien que vous le sachiez et que vous soyez affermis dans la présente vérité. Aussi longtemps que je serai dans l’enveloppe de ce corps, j’estime juste de vous tenir en éveil par mes rappels. Je sais que j’aurai bientôt à quitter cette enveloppe, ainsi que me l’a fait comprendre notre Seigneur Jésus Christ. Mais je veux faire en sorte qu’après mon départ vous puissiez vous en souvenir en toute occasion. Car ce n’est pas d’après quelque ingénieuse fiction que nous vous avons fait connaître l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ et sa puissance, mais pour en avoir vu la majesté de nos propres yeux. En effet, Il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque du sein de la divine splendeur se fit entendre une voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui J’ai mis toute ma bienveillance ! » Cette voix, nous l’avons entendue venir du Ciel, lorsque nous étions sur la montagne sainte avec lui. Dès lors, la parole des prophètes a d’autant plus de crédit auprès de nous, et vous ferez bien de lui prêter attention : elle est comme une lampe qui brille en un lieu obscur, jusqu’à ce que vienne à poindre le jour et que l’Astre du matin se lève dans vos cœurs.

Alléluia en ton 8 (Ps 88, 12 et 16) :
A toi sont les cieux, et à toi la terre : c’est Toi qui as fondé l’univers et sa plénitude. V/ Bienheureux le peuple qui connaît la jubilation : Seigneur, ils marcheront à la lumière de ta Face !

Evangile : Matthieu 17, 1-9
En ce temps-là, six jours après (avoir annoncé à ses disciples sa mort et sa résurrection), Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et les emmena à l’écart sur une montagne élevée, et Il fut transfiguré devant eux. Son visage resplendissait comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voilà que leur apparurent Moïse et Elie s’entretenant avec Jésus. Pierre lui dit : « Seigneur, nous sommes bien ici ! Si Tu le veux, je vais faire ici trois cabanes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie. » Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les recouvrit et voilà qu’une voix venant de la nuée dit : « Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, Celui qui a ma bienveillance. Ecoutez-le ! » En entendant cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent dans un grand effroi. Jésus s’approcha, les toucha et dit : « Relevez-vous et n’ayez pas peur ! » Ils levèrent les yeux, et ne virent plus que Jésus seul. En redescendant de la montagne, Jésus leur dit : « Ne parlez à personne de ce que vous avez vu jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit ressuscité des morts. »

Mégalynaire en ton 4 : Magnifie, ô mon âme, magnifie le Christ notre Dieu glorieusement transfiguré sur la montagne du Thabor. Immortel s’est révélé Celui que tu as mis au monde, et Dieu Lui-même a voulu sortir de ton sein : revêtu de notre chair, Il a paru sur la terre pour converser avec les hommes. Ô Mère de Dieu, d’un seul cœur nous te magnifions !

Koinonikon en ton occurrent (Ps 88) :
A la lumière de ta Face, Seigneur, nous marcherons, en ton Nom jubilant tout le jour : Alléluia !

Au lieu de Nous avons vu la vraie lumière, on chante le tropaire de la Fête.

Catéchèse. Le mystère de l’Eglise : 2 ou 3 réunis au Nom de Jésus le voient par l’Esprit au milieu d’eux ; en elle Jésus accomplit la promesse du Père faite par les prophètes ; son expérience liturgique de la lumière incréée qui illumine le cœur des fidèles, et les fait resplendir pour le salut du monde.