Dimanche 5 novembre
Dimanche 5 novembre 2006, 22ème (21ème) après la Pentecôte, ton 4
Tropaire de la Résurrection en ton 4 : Les femmes disciples du Seigneur,+ ayant appris des anges la prédication lumineuse de la Résurrection, et le terme de l’ancestrale condamnation,/ louent Dieu, disant aux apôtres : « Renversée est la mort !// Le Christ est ressuscité,/ donnant au monde sa grande miséricorde ! »//
Tropaire (s) et kondakion (a) de l’église. Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…
Kondakion de la Résurrection en ton 4 : Mon Sauveur et mon Libérateur a ressuscité tous les mortels,/ les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau.// Il a brisé les portes de l’enfer/ et en Maître souverain Il est ressuscité le troisième jour.// Et maintenant et toujours…
Kondakion de la Mère de Dieu en ton 6 : Protectrice assurée des chrétiens,+Médiatrice sans défaillance devant le Créateur,/ ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !// Mais dans ta bonté+ ne tarde pas à nous secourir,/ nous qui t’invoquons avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession,+ et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu,/ Secours constant de ceux qui t’honorent ».//
Prokimenon du ton 4 : Que tes œuvres sont admirables, Seigneur !/ Tu as fait toutes choses dans ta Sagesse !// V/ : Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Seigneur mon Dieu, Tu as été grandement magnifié !
Epître : Galates 6, 11-18 (usage roumain)
Frères, vous le voyez : la conclusion de cette lettre, je l’écris pour vous en gros caractères, de ma propre main. Ceux qui vous imposent la circoncision, ce sont des gens qui veulent faire bonne figure devant les hommes, uniquement pour s’éviter les persécutions à cause de la Croix du Christ. D’ailleurs ces soi-disant circoncis n’observent même pas la Loi : ils veulent seulement que vous soyez circoncis, pour avoir en votre chair un motif de se glorifier. Quant à moi, que Dieu me garde de me glorifier, si ce n’est dans la Croix de notre Seigneur Jésus Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde ! Car, en Jésus Christ, ce qui importe, ce n’est ni la circoncision ni l’incirconcision, mais c’est d’être une créature nouvelle. Et à tous ceux qui suivront cette règle, paix et miséricorde, ainsi qu’à l’Israël de Dieu ! Dorénavant, que personne ne me suscite d’ennuis : je porte dans mon corps les marques du Seigneur Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit : Amen !
Alléluia du ton 4 : Va, marche en vainqueur et règne ! Pour la vérité, la mansuétude et la justice ! - Tu as aimé la justice et haï l’iniquité.
Evangile : Luc 16, 19-31
En ce temps-là, le Seigneur dit la parabole suivante.
Un homme riche s’habillait de pourpre et de lin fin, et faisait chaque jour des festins somptueux. Et un pauvre nommé Lazare gisait près de son portail, tout couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche, mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham ; le riche mourut aussi et fut enseveli.
Dans le séjour des morts, en proie aux tourments, le riche leva les yeux et vit de loin Abraham, et dans le sein d’Abraham, Lazare. Alors il s’écria : « Père Abraham, miséricorde ! Envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car dans ces flammes je souffre cruellement ». Abraham lui répondit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare ses maux ; maintenant donc il trouve ici consolation, et c’est ton tour de souffrir. D’ailleurs entre vous et nous s’est ouvert un abîme profond ; et ceux qui le voudraient ne peuvent passer d’ici vers vous, pas plus que ceux qui voudraient passer de là jusqu’à nous ». Le riche dit alors : « Père, je t’en prie, envoie Lazare dans la maison de mon père. J’ai cinq frères : qu’il leur fasse la leçon, pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de tourments ». Et Abraham de lui répondre : « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent ! » Mais le riche reprit : « Non, Père Abraham, mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront ». Mais Abraham lui dit : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne croiront pas davantage quelqu’un qui ressusciterait d’entre les morts ! »
Catéchèse : une homélie de Père Lev Gillet
« Cette parabole est d’un tout autre ton que les récits de guérison et de miséricorde si fréquents dans l’évangile de Luc. Elle est un sévère avertissement. La jouissance égoïste en ce monde aura pour sanction la souffrance dans l’autre monde ; par contre, le pauvre sera dans l’abondance. Le sens général de la parabole est si clair, si simple, qu’il n’a besoin d’aucune explication. Mais quelques points de détail méritent d’être considérés de plus près. « Un pauvre… gisait près de son portail… » Le monde de la misère et de la souffrance n’est pas un monde irréel, lointain. Dieu Lui-même dépose près de ma porte, à ma propre porte, cette misère ; Il ne me demandera pas si j’ai eu pitié, d’une manière abstraite, de toute cette misère lointaine que je ne puis soulager, mais Il me demandera ce que j’ai fait pour soulager « un pauvre », un mendiant concret, présent, bien réel, « du nom de Lazare », qu’Il avait spécialement choisi afin que j’exerce envers lui la miséricorde. Ce Lazare peut avoir besoin d’argent, de soins, d’aide morale : peu importe. Ce qui importe, c’est que mes yeux l’aperçoivent, lui qui gît devant ma maison (c’est-à-dire : lui que Dieu m’a donné spécialement l’occasion de rencontrer), et que je fasse quelque chose pour lui. Remarquons que le riche ne semble pas avoir été spécialement dur de cœur ou cruel : il a péché par négligence, il n’a pas fait attention à Lazare. Dieu ne me reprochera pas nécessairement d’avoir fermé mon cœur aux malheureux : Il me reprochera d’avoir été trop négligent et trop égoïste pour penser à le leur ouvrir. Le contraste entre la fin de ces deux vies est saisissant : (…) L’un a été « emporté par les anges » ; l’autre a été « enterré », - oh ! sans doute avec la pompe qui convient à un homme riche, mais avec tout ce que le mot « enterré » comporte de définitif et de contraire à une assomption entre des mains angéliques. « Emporté par les anges » - ou « enterré » : ces deux destins, dans un sens spirituel, ne sont pas seulement les destins des morts, mais, déjà en cette vie, un homme peut se laisser porter vers Dieu par les anges ou, il peut se laisser ensevelir, recouvrir par cette terre à laquelle il est attaché. L’opposition entre les deux destins est fortement soulignée : « Entre vous et nous a été fixé un grand abîme… qu’on ne traverse pas… ». S’agit-il ici d’une affirmation de l’irrévocabilité et de l’éternité des peines des « damnés » ? (…) nous observons que le riche, même dans l’Hadès (quelle que soit la nature de cet Hadès), ne semble pas repentant ; nous ne voyons pas ici que Dieu refuse de faire miséricorde à un homme qui maintenant regretterait son ancienne attitude envers Lazare et condamnerait son propre égoïsme ; d’un tel regret, il n’y a nulle trace. Ce que nous lisons, c’est seulement que le riche désire, d’une part être soulagé dans les tourments qu’il endure, et, d’autre part, éviter ce sort à sa propre famille. Remarquons enfin cette expression : « … de même ils ne seront pas persuadés ». Dieu veut que nous soyons « persuadés » de nous repentir : la repentance qu’Il désire n’est ni le fruit de l’acceptation d’une autorité extérieure, ni la stupeur que causerait un signe miraculeux tel que la résurrection d’un mort (et, d’ailleurs, quand Jésus ressuscita des morts un autre Lazare, les Pharisiens ne se repentirent point). Cette repentance doit être le fruit d’une persuasion intérieure, d’un long et inévitable travail de l’Esprit sur notre esprit : dans la vie spirituelle, tout doit être de l’Esprit. (Un moine de l’Eglise d’Orient, L’an de grâce du Seigneur, Le Cerf, Paris, 1988, p.49-50).
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