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L'expérience du Saint- Esprit (catéchèse )

Nous avons tous à un degré ou à un autre l’expérience du Saint-Esprit, mais nous n’en avons pas forcément conscience : d’où l’intérêt d’en parler entre nous !

Nous avons tous reçu en plénitude le Saint-Esprit par le baptême et la sainte chrismation (1 Jn 4, 13 ; 1 Pi 1, 2 etc.). Quand nous communions au saint Corps et au précieux Sang du Christ, nous communions au Saint-Esprit parce que le Christ, sans se confondre pourtant avec lui, est rempli du Saint-Esprit. L’expérience du S.-E. = expérience du Christ vivant.

Notre foi est dans le Père, dans le Fils et dans le Saint-Esprit. L’Eglise, depuis l’origine, n’a cessé de proclamer la foi dans l’Esprit vrai Dieu. Et surtout, elle n’a cessé, depuis la Pentecôte, de faire l’expérience du Saint-Esprit. Quelle est donc cette expérience, plus forte que toute démonstration doctrinale ? Et pouvons-nous en parler avec simplicité de cœur ?

1. Le monde connaît-il le Saint-Esprit ?

L’Esprit-Saint inspire tout ce qui est beau (art), tout ce qui est vrai (science) et tout ce qui est bon (dignité humaine). Mais le monde n’a pas le Saint-Esprit en plénitude : si c’était le cas, il reconnaîtrait Jésus comme Dieu et comme Messie, et il serait l’Eglise ! Tout ce qui est bon vient du Père et retourne à lui : rendre grâce à Dieu qui donne un peu de son Esprit même à ceux qui ne croient pas ou dont la foi est incomplète ou erronée… La question de l’« œcuménisme »… du pluralisme spirituel dans notre société…

1. Quelle expérience l’Eglise a-t-elle du Saint-Esprit ?

Expérience veut dire connaissance réelle, répétable et identifiable. Dieu n’est pas une idée : Il est réel. Pouvons-nous le connaître par expérience ? Le voir, le toucher, le sentir, l’entendre, etc. ?

A. avant tout, par la foi.

- Croire en Jésus Seigneur. Personne ne peut croire en Jésus Dieu et Homme sans le S.-E. La vie dans l’Eglise est une initiation, non la compréhension humaine d’une doctrine, encore moins l’adhésion à une philosophie, à une idéologie, à une morale. Nous ne pouvons avoir du Père et du Fils, et du Saint-Esprit lui-même, d’autre connaissance que celle à laquelle nous initie le Saint-Esprit.

- La foi dans la Résurrection, dans l’Incarnation virginale (triple virginité de la Mère de Dieu), bref : le Credo

B. ensuite,  par les sacrements ou mystères :

- les fidèles reçoivent la plénitude de la présence personnelle du S.-E. au baptême et à la chrismation ; et dans chaque sacrement, ils participent à nouveau aux dons de l’Esprit : mariage, ordination, onction, absolution, monachisme, etc. Les sacrements sont célébrés pour cela, pour la réception de la grâce du S.-E. : en particulier, l’absolution donne la grâce du pardon et de la guérison ; elle permet, par la purification spirituelle qu’on y reçoit, de communier au Saint-Esprit présent dans le Corps et le Sang du Christ ; c’est pourquoi ce sacrement est nécessaire

C. par l’aumône et toute action en faveur du frère :
- ces œuvres cohérentes avec les commandements du Seigneur ne nous mettent pas seulement « en règle » avec la loi divine ; elles nous permettent d’acquérir le Saint-Esprit sous la forme de l’amour – amour du prochain

D. par l’expérience de dons particuliers du Saint-Esprit : Il est connu par ses dons :

- par la transfiguration des sens et des sentiments : émotion due à la beauté et à la vérité de la Parole de Dieu quand nous l’entendons proclamer, à la beauté de la célébration liturgique et des saintes icônes ; c’est plus qu’une émotion esthétique, c’est lié à la perception de la vérité
- par le repentir : « le cœur brisé » ; le repentir ou conversion est lui-même une grâce, et il ouvre à la grâce de reconnaître la miséricorde de Dieu
- par le sentiment de l’absence ou du silence de Dieu ;
- par la tristesse ou la nostalgie spirituelles (saint Silouane…)
- par le sentiment du péché et de l’impureté spirituelle (culpabilité)
- par la glorification du Seigneur et de sa Résurrection, et de sa miséricorde
- par l’inspiration : exemples dans la sainte Ecriture (l’apôtre Philippe, etc.)
- par la gratification
- sagesse (Ex 28, 3), diversité des dons (1 Co 12 ; 13 ; Eph 4, 30 ; Phi 4, 4 ; Ga 5, 22)

E. par l’expérience de la prière intérieure, prière « du cœur », prière « du Nom de Jésus » : lutte pour l’acquisition de l’Esprit et de ses dons

Conclusion : saint Séraphin parlait d’« acquisition » du S.-E. : « vendre » nos passions et nos péchés et recevoir en échange la vie nouvelle.
En réalité, tous les dons et la plénitude de la présence du Saint-Esprit étant le fait de tout chrétien, il s’agit d’« activer » ces dons, d’entrer en possession de l’héritage, de manifester la présence du S.-E., de devenir conscients de cette présence. L’ascèse chrétienne n’est pas autre que cet exercice quotidien à vivre conscients que l’E.-S. habite en nous. Question : les dons du S.-E. et même sa présence peuvent-ils nous être retirés ? peut-on perdre le S.-E. ? Oui (cf. Ps 50 : ne me retire pas… ; rends-moi… ; renouvelle en moi…) : chercher ce que nous avons fait ou pensé pour être privés de l’E.-S., démarche de repentir ; donne-moi de voir mes fautes = révèle-moi en quoi j’ai « attristé l’Esprit », ce que j’ai fait, ou ce que je fais habituellement, pour être privé de lui ; car la norme de la vie en Christ c’est la vie dans l’Esprit ; l’Esprit fait vivre en nous le Christ humanité-nouvelle.