Dimanche 28 octobre
Dimanche 28 octobre 2007, 22ème après Pentecôte, septième après la Croix, ton 5
Tropaire de la Résurrection en ton 5 : Verbe coéternel au Père et à l’Esprit,+ Toi qui es né de la Vierge pour notre salut,/ nous te chantons, nous les fidèles, et t’adorons, Seigneur ;// car Tu as bien voulu souffrir en montant sur la Croix pour y subir la mort en ta chair/ et ressusciter les morts en ta sainte et glorieuse Résurrection.//
Troparul, glasul al 5-lea: Pe Cuvântul Cel împreună fără de început cu Tatăl şi cu Duhul, Carele S-a născut din Fecioara spre mântuirea noastră, să-L lăudăm, credincioşii, şi să I ne închinăm; că bine a voit a Se sui cu trupul pe Cruce şi moarte a răbda şi a scula pe cei morţi, întru slăvită Învierea Sa.
Tropaire(s) et kondakia de l’église. Gloire…
Kondakion de la Résurrection en ton 5 : Des enfers où Tu descendis, ô mon Sauveur, Tu as brisé les portes, ô Tout-puissant, pour ressusciter les morts, ô Créateur ! Tu brisas l’aiguillon de la mort, Adam fut délivré de la malédiction, et nous, Seigneur, nous te crions : Sauve-nous, dans ton amour pour les hommes ! Et maintenant…
Kondakion de la Mère de Dieu, t. 6 : Protectrice assurée des chrétiens…
Prokiménon du dimanche en ton 5: C’est Toi, Seigneur, qui nous garderas,/ qui nous préserveras de cette génération pour l’éternité ! V/ : Sauve-moi, Seigneur, car il n’y a plus de saint, car les vérités ont diminué chez les fils des hommes.
Epître : Ephésiens 2, 14-22.
Frères, le Christ en personne est notre paix, Lui qui a réuni en un seul peuple les Juifs et les Païens, et qui a fait tomber ce mur de haine qui les séparait. En sacrifiant sa propre chair, Il a mis fin à l’antique Loi, avec tous ses règlements et ses prohibitions. Des deux antagonistes de jadis, Il a formé en lui-même un peuple unique et une humanité nouvelle, réalisant la paix entre eux et les réconciliant avec Dieu. Les uns et les autres, Il les a unis en un seul corps, par cette croix sur laquelle Il a mis à mort l’inimitié. Il est donc venu pour annoncer à tous la bonne nouvelle, l’Evangile de la paix, à vous qui étiez loin et à ceux qui étaient proches, de sorte que par lui nous avons, les uns et les autres, libre accès auprès du Père en un seul Esprit saint. Aussi n’êtes-vous plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes la maison de Dieu. Vous faites partie d’un édifice qui a pour fondations les apôtres et les prophètes, et dont la pierre d’angle est en personne Jésus Christ. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement, pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez, les uns unis aux autres, comme pierres de cette construction qui deviendra, par l’Esprit saint, la demeure de Dieu.
Alléluia du ton 5: Tes miséricordes, Seigneur, éternellement je les chanterai ! De génération en génération, ma bouche annoncera ta vérité ! - Car Tu as dit : « La miséricorde est un édifice éternel ». Dans les cieux est préparée ta vérité.
Evangile : Luc 8, 41-56 (notre traduction).
En ce temps-là, voici qu’arriva un homme du nom de Jaïre : il était chef de synagogue. Tombé aux pieds de Jésus, il le suppliait de venir chez lui, parce qu’il avait une fille unique, d’environ douze ans, et elle se mourait. Et tandis que Jésus s’y rendait, les foules manquaient de l’étouffer. Or une femme en hémorragie depuis douze ans et qui n’avait pu être soignée par personne, s’approcha par derrière et toucha la frange du manteau de Jésus : à l’instant son hémorragie cessa. Et Jésus demanda : « Qui m’a touché ? » Comme tous s’en défendaient, Pierre et ses compagnons lui dirent : « C’est Toi qui commande, mais les foules te pressent à t’écraser ! » Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché : J’ai senti une puissance sortir de moi. » Voyant qu’elle ne pourrait rester cachée, la femme vint toute tremblante et, se jetant aux pieds de Jésus, révéla devant tout le peuple pour quelle raison elle l’avait touché et comment elle avait été guérie à l’instant. Jésus lui dit : « Fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix ! » Jésus parlait encore, quand de chez le chef de la synagogue quelqu’un vint dire à celui-ci : « Ta fille est morte, ne dérange plus le Maître ! » Mais Jésus, qui avait entendu, lui répondit : « N’aie pas peur; crois seulement, et elle sera sauvée ! » Arrivé à la maison, Jésus ne laissa personne entrer avec lui, sauf Pierre, Jean et Jacques, ainsi que le père et la mère de la petite fille. Tous pleuraient et se lamentaient sur elle, mais Jésus leur dit : « Ne pleurez pas, elle n’est pas morte, mais elle dort ! » Et les gens riaient de lui, sachant bien qu’elle était morte. Mais Jésus lui prit souverainement la main et lui dit à haute voix : « Petite enfant, réveille-toi ! » Le souffle lui revint et, à l’instant même, elle ressuscita. Et Jésus ordonna de lui donner à manger. Ceux qui l’avaient engendrée étaient hors d’eux-mêmes, mais Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qui était arrivé.
În vremea aceea iatà a venit un bàrbat, al càrui numele era Iair si care era mai-marele sinagogii. Si càzând la picioarele lui Iisus, Îl ruga sà intre în casa lui. Càci avea numai o fiicà, ca de doisprezece ani, si ea era pe moarte. Si, pe când se ducea El, multimile Îl împresurau. Si o femeie, care de doisprezece ani avea scurgere de sânge si cheltuise cu doctorii toatà averea ei, si de nici unul nu putuse sà fie vindecatà, apropiindu-se pe la spate, s-a atins de poala hainei Lui si îndatà s-a oprit curgerea sângelui ei. Si a zis Iisus : « Cine este cel ce s-a atins de Mine ? » Dar toti tàgàduind, Petru si ceilalti care erau cu El, au zis : « Învàtàtorule, multimile Te îmbulzesc si Te strâmtoreazà si Tu zici : Cine este cel s-a atins de Mine ? » Iar Iisus a zis : « S-a atins de Mine cineva. Càci am simtit o putere care a iesit din Mine. » Si femeia, vàzându-se vàdità, a venit tremurând si, càzând înaintea Lui, a spus de fatà cu tot poporul din ce cauzà s-a atins de El si cum s-a tàmàduit îndatà. Iar El a-zis : « Îndràzneste, fiicà, credinta ta te-a mântuit. Mergi în pace. » Si încà vorbind El, a venit cineva de la mai-marele sinagogii, zicând : « A murit fiica ta. Nu mai supàra pe Învàtàtorul. » Dar Iisus, auzind, i-a ràspuns : « Nu te teme ; crede numai si se va izbàvi ». Si venind în casa, n-a làsat pe nimeni sà intre cu El, decât numai pe Petru si pe Ioan si pe Iacov si pe tatàl copilei si pe mamà. Si totii plângeau si se tânguiau pentru ea. Iar El a zis : « Nu plângeti ; n-a murit, ci doarme ». Si râdeau de El, stiind cà a murit. Iar El, scotând pe toti afarà si apucând-o de mânà, a strigat, zicând : « Copilà, scoalà-te ! » Si duhul ei s-a întors si a înviat îndatà ; si a poruncit El sà i se dea sà mànânce. Si au ràmas uimiti pàrintii ei. Iar El le-a poruncit sà nu spunà nimànui ce s-a întâmplat.
Homélie et catéchèse : l’Eglise n’est pas d’institution humaine. De fondation divine, elle tend à la sanctification de la personne humaine par l’Esprit, au sein de la nature humaine déjà sanctifiée par le Christ et en lui, selon son Incarnation divinisante.
1. Universalité de l’Eglise dans l’épître de saint Paul: elle unit dans l’humanité déifiée du Christ le peuple juif et tous les peuples, la tradition juive et toutes les traditions. Le Christ est l’accomplissement de toutes les voies religieuses et spirituelles. Le christianisme n’est pas une religion parmi d’autres : il est la religion universelle (« peuple unique », « humanité nouvelle ») à laquelle toutes les nations aspirent. Inutile donc de continuer de chercher ailleurs ce qui est accompli définitivement dans le mystère du Christ et transmis dans la succession « des prophètes et des apôtres » (Epître).
2. La dignité du chrétien dans l’Epître : « concitoyens des saints », « la maison de Dieu », « un édifice qui a pour fondations les apôtres et les prophètes, et dont la pierre d’angle est en personne Jésus Christ », « un temple saint dans le Seigneur », et à condition d’être « les uns unis aux autres », « la demeure de Dieu », « par l’Esprit saint ». C’est par la foi et le baptême que l’être humain accède à cette réalité nouvelle et sublime. Ce n’est pas rien d’être chrétien !
3. Le Christ est « la pierre angulaire » (Ephésiens 2, 20 ; 1 Pierre 2, 6-7) de l’édifice de son propre Corps, ce temple non fait de main humaine qu’est l’Eglise – son Eglise. Nous chantons ce répons : « Le Seigneur est Dieu et Il nous est apparu : béni est celui qui vient au Nom du Seigneur ! La pierre qu’avaient rejeté les bâtisseurs c’est elle qui est devenue la tête d’angle et elle admirable à nos yeux ! ». En tant que Fondement suprême (« hypostase » du Verbe devenue par l’Incarnation Hypostase de toute l’humanité), le Christ guérit, vivifie, ressuscite et sauve (ce dimanche, et les précédents). La Foi (« ta foi t’a sauvée », « crois seulement et elle sera sauvée ») est la reconnaissance de ce fondement divin. Elle est indispensable pour que notre religion ne soit pas une magie ou une superstition.
6. Historicité du récit de ce jour : le fait rapporté par l’évangéliste est attesté par la présence des apôtres et des parents de l’enfant que le Christ ressuscite. Ce n’est ni une belle histoire, ni même une parabole : c’est une histoire véridique. Le saint Evangile est vrai ; il est réel ; il peut être expérimenté.
7. La question du « miracle » : le miracle est l’œuvre normale de Dieu en synergie avec la foi humaine. Les miracles sont fréquents autour de nous. Dieu répond à la foi de ceux qui l’invoquent et le glorifient. Mais le miracle ne contraint pas à croire. L’Esprit saint est Celui qui nous inspire, sans l’imposer, la foi dans le Christ : que faisons-nous du miracle ? Est-ce que nous nous convertissons ? Est-ce que nous nous tournons avec foi vers le Christ ? Est-ce que, à la suite du miracle, nous changeons les pensées de notre cœur et notre mode de vie ? Est-ce que nous tirons toutes les conséquences du miracle que le Seigneur opère pour nous ? Et, ne rien changer à notre mentalité et à notre vie en réponse au miracle, n’est-ce pas l’ingratitude et la folie suprêmes ? Que dirons-nous au Christ, le Dernier jour, devant le redoutable tribunal de son amour ? Comment justifierons-nous notre ingratitude ? Et encore : comment accuser Dieu de ne pas nous exaucer quand nous le prions, alors que le miracle est l’épreuve de notre foi, et que nous ne savons pas si nous serons dignes de cet exaucement ? Si Dieu semble tarder à nous exaucer comme nous le voudrions, n’est-ce pas qu’Il redoute pour nous une chute nouvelle, un nouveau péché d’incroyance et de doute ?
8. La place de la médecine humaine : elle est bénie, et l’Eglise prie pour les médecins (fête de saint Pantalémon notamment). Mais l’évangile de ce jour nous rappelle que le Christ est le vrai Médecin, le médecin-chef ! Nos médecins soignent de leur mieux, et nous invoquons sur eux la grâce du saint Esprit pour que soit éclairée leur intelligence et guidée leur main : mais n’oublions pas – sous peine d’ingratitude et d’ignorance caractérisée – que seul le Seigneur donne la santé, comme Il donne la vie naturelle et la vie éternelle en lui qui s’appelle le Salut. Il guérit par la main de ses médecins agissant, le sachant ou l’ignorant, de sa part ; ou bien Il guérit indépendamment d’eux, toujours en réponse à la foi de quelqu’un que nous ne connaissons pas toujours, mais qui s’est, dans le jeûne et la prière de foi, immolé charismatiquement en offrande de supplication et de louange.
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